Parent Sur Mesure

De beau-parent à parent: construire le lien pas à pas

Ève-Marie Lemieux-Maillé Season 3 Episode 2

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Dans cet épisode de Parent Sur Mesure, Ève-Marie Lemieux-Maillé échange avec Xavier Harel sur son parcours de beau-parent. Arrivé dans la vie de sa conjointe alors que son fils avait 7 ans, il est aujourd’hui en processus d’adoption, quatre ans plus tard.

Une discussion touchante sur la rencontre, le respect du rythme de l’enfant, la place du beau-parent et l’importance d’une intégration douce et respectueuse dans la dynamique familiale.

Un témoignage inspirant pour mieux comprendre les réalités des familles recomposées et le développement du lien d’attachement.

#FamilleRecomposée
 #BeauParent
 #Adoption

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SPEAKER_02

Aujourd'hui, je reçois un papa, le premier d'une série, je l'espère, qui vient nous parler de sa réalité. Un papa qui a intégré... une famille, ou en tout cas, c'est devenu rapidement une famille. C'était une maman qui avait déjà un garçon, puis je trouvais ça intéressant d'avoir son point de vue. Alors aujourd'hui, j'ai Xavier qui est avec moi.

SPEAKER_00

Merci,

SPEAKER_02

Xavier. Merci, Yves. D'avoir accepté mon invitation. Peut-être qu'on pourrait commencer... Comme je t'ai dit avant qu'on débute, moi, je suis intéressée de savoir comment tu as vécu ça, toi, d'arriver dans une union où est-ce qu'il y a déjà un enfant... qui a un certain âge. Il avait quel âge? Il avait 7 ans. 7 ans. Donc, toi, tu n'as pas vécu la parentalité de zéro. Tu arrives, il y a un enfant de 7 ans qui est là, qui est habitué de vivre avec sa maman. Et là, toi, tu intègres cette union-là. Comment ça s'est passé pour

SPEAKER_00

toi? C'est une grande question. Parce que oui... Comment je pourrais dire ça? Ça a été une situation assez... J'ai été chanceux. J'ai été chanceux, je pense, parce que il n'y avait pas de beau-père.

SPEAKER_02

Il n'y avait

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pas de beau-père. Il n'y avait pas de père biologique. Et donc, je ne devenais pas beau-père si je m'engageais dans la famille. Donc, quand j'ai... quand j'ai rencontré Noémie, c'était un amour complet. Je veux dire, pour moi, c'était comme... C'était vraiment... C'est une histoire d'amour avant tout, évidemment. C'était vraiment la femme que j'attendais. J'ai l'impression, ça va faire peut-être cliché, mais c'était comme vraiment... J'avais vraiment l'impression que c'était mon âme-sœur. Puis que je voulais faire ma vie avec elle. Puis son fils... Écoute, au début, c'est sûr que moi, j'arrivais dans une situation où j'étais seul. J'étais même en mode moine. Tu sais, j'étais comme... Je faisais mes petites affaires, mes petites pratiques spirituelles, puis je faisais mes lectures, puis j'avais commencé mon entreprise d'informatique. Oui. Et là, j'arrive, puis... Finalement, ça va assez vite. Je finis par être là souvent à la maison et à intégrer un peu le quotidien rapidement. À première vue, son fils, pour moi, il y avait une certaine adaptation qu'il fallait qu'il y ait entre moi et lui. Parce que je suis quelqu'un qui est beaucoup dans l'intellect, dans les idées. Et son fils, il est très sportif. Il est dans le corps. Il est dans la volonté. Lui, il fait les choses. C'est intéressant parce que c'est quelque chose que moi, des fois, j'ai envie d'avoir, d'être un peu plus comme« go». On fait les choses. Comme j'appelle en mode rouge. C'est comme« go». On le fait. Pas trop de questionnements. C'est comme« on le fait». Il y a eu comme, c'est ça, adaptation, ça c'est clair. au niveau de ma relation avec lui. À un moment donné, j'ai fini par apprendre à le connaître et à cerner où est-ce que je peux le rencontrer. Finir par développer un lien d'attachement et qu'il se sente bien avec moi. Que moi aussi, je me sente bien avec lui. Mais surtout, le fait que c'est ça, le père biologique n'a jamais été là. Moi, c'était comme une chance inouïe de faire comme« Hey!» J'ai toujours voulu être père. Puis c'est le fun parce qu'il était à un âge où, justement, le côté de lui montrer les choses à 7 ans, c'est parfait. C'est pas un bébé. Donc je passais comme l'étape du bébé que des fois même, je pense, les papas...

SPEAKER_02

Il y en a qui trouvent ça plus difficile parce que dans les débuts, des fois, les bébés plus proches de la maman, ne serait-ce que parce que, tu sais, si on pense à un bébé qui est allaité, tu sais, nécessairement, c'est la maman qui le nourrit. Puis, dans les débuts, ils font juste

SPEAKER_00

ça, boire, dormir. Je l'ai pas vécu, mais j'ai l'impression qu'on se sent comme, OK, je sers à quoi? Je suis là pour épauler, je suis là pour supporter, tu sais, mais la relation avec je sais pas, père-fils est peut-être pas encore développée, tu sais, est à se développer plus tard. Fait que moi, j'arrive à en plein dans cet âge-là. Pour moi, c'était comme... C'était parfait, finalement. Donc, j'ai pu accepter de... En fait, j'ai jamais vraiment eu de questionnement par rapport à ça. C'était juste comme... C'est ça qui se passe. Ça, c'était mon mode rouge, par contre. J'étais comme... Je deviens papa, puis... Au début, je me voyais plus comme un beau-père, par contre, parce que je voulais pas m'imposer comme son père. Surtout que lui-même, il s'imaginait qu'il y avait un père,

SPEAKER_02

mais...

SPEAKER_00

Puis je ne voulais pas remplacer non plus ça. Cette espérance peut-être. Blessure aussi. Et c'est pour ça que je me suis plus présenté comme beau-père au début. Puis à un moment donné, il ne voulait pas ça. Il ne voulait pas que je sois beau-père. Il n'aimait pas ce terme-là. Puis à un moment donné, il a accepté que je sois... Que je sois son père.

SPEAKER_02

Comment ça s'est précisé? Comment ça s'est concrétisé, tout

SPEAKER_00

ça? Il y avait le truc aussi du... Papa, tu sais, le terme Papa. Ça, c'est jamais resté. Parce qu'il a appris à me connaître en tant que Xavier. Fait que j'ai été présenté comme Xavier. Donc, ça l'a resté, mais je lui ai dit, tu sais, si tu veux, tu peux. Tu peux m'appeler Papa. Comme tu veux, pour vrai, c'est sans toi à l'aise de le faire. Mais je n'y ai pas imposé non plus. Puis des fois, de façon comme un peu maladroite, il va le dire, mais comme ce n'est pas naturel. parce qu'il n'a pas appris à m'appeler papa. Donc, c'est resté plus comme Xavier. Xavier, toujours Xavier. Même pas Xav, là. Vraiment, c'est Xavier. C'est ça, mon terme de papa. Mais quand il parle de moi aux autres, c'est toujours mon père. Quand je l'entends,

SPEAKER_01

c'est sûr

SPEAKER_00

que ça me fait

SPEAKER_01

quelque

SPEAKER_00

chose.

UNKNOWN

Je suis comme content.

SPEAKER_00

Je

SPEAKER_02

suis

SPEAKER_00

comme, ouais, je suis son père. Je

SPEAKER_02

trouve ça vraiment beau. Je trouve qu'il y a comme un grand respect. Tu sais, quand tu dis ça n'a pas été imposé, ça prend de ouverture, puis ça prend aussi une certaine maturité, je trouve, pour être capable de, comme adulte, d'intégrer une union, d'être à la fois intéressé, disponible, puis en même temps respectueux d'un certain... C'est comme si... Je trouve que c'est une belle danse, puis ça ouvre des possibilités. Puis en même temps, bien... On dirait que je capte ça, mais je pourrais te poser la question aussi. Mais j'ai comme l'impression que tu ne te sens pas menacée si, par exemple, il ne t'appelle pas papa, ou que tu ne te sentiras pas rejetée. C'est comme, non, non, on est là. Il y a la possibilité de la rencontre, puis de ce que ça va devenir, puis tout est correct. Puis je trouve que ça lui offre, lui, la chance de... de te choisir, finalement. C'est comme... Il le fait pas parce qu'il est obligé ou qu'il se sent forcé. De toute façon, je pense que s'il était obligé, ça ferait peut-être plus de friction, puis ça ferait l'effet opposé. Mais je trouve ça vraiment beau. C'est ça. Que lui, c'est comme... il a envie de parler de toi comme de son père parce que ça vient combler quelque chose pour lui.

SPEAKER_00

Oui, puis c'est drôle parce que contrairement à un père de fait qui a un enfant, donc oui, il est père. Mais moi, je n'ai pas ça. Je n'ai pas ce laisser-passer-là gratuit. C'est comme s'il a fallu que je devienne père. puis que je me prouve, comme si j'avais eu une initiation. Parce que c'est comme, à un moment donné, il va sentir que je suis son père, puis il va dire que je suis son père. Puis là, c'est comme, c'est comme si là, oui, là, je l'ai passé le test. Fait que c'est comme, c'est quand même drôle. Parce que c'est ça, je m'étais toujours imaginé, c'est ça, avoir des enfants. Mais de là à comme, devoir me prouver, lui prouver que je peux être son père, Puis c'est déjà arrivé dans des discussions où est-ce que on lui faisait réaliser que c'est comme lui, finalement, qui... va décider que je devienne un peu son père parce que je ne me serais pas imposé. S'il n'avait jamais dit que j'étais son père, qu'il disait toujours que c'est le chum à ma mère, il aurait pu. Il aurait pu dire que c'est le chum à ma mère, c'est mon beau-père. Finalement, c'est revenu à lui la décision de

SPEAKER_02

dire... Qu'est-ce que tu as envie que je sois pour

SPEAKER_00

toi? Qu'est-ce que tu as envie que je sois pour toi? C'est quoi la figure masculine que tu as envie que je sois? C'est devenu

SPEAKER_02

le père. C'est magnifique. C'est

SPEAKER_00

tellement beau, je trouve.

SPEAKER_02

Puis là, vous allez débuter sous peu comme le processus d'adoption. Puis ça, en quoi c'était comme... Qu'est-ce qui vous a mené à prendre cette décision-là? Qu'est-ce qui est important pour

SPEAKER_00

vous? Moi, c'était clair que je voulais que, même sur les papiers, qu'il y ait un père. Parce que techniquement,

SPEAKER_01

il n'y en a

SPEAKER_00

pas. Techniquement, il n'y a pas, légalement, il n'y a pas de père. Puis oui, les trucs papier, la paperasse, on peut penser que c'est abstrait, mais il y a un côté qui est très concret aussi de comme, non, non, ce n'est pas juste parce qu'on le veut émotionnellement, relationnellement, c'est comme, non, non, non, c'est comme, il y a une écriture. C'est sur les papiers du gouvernement, il a un père. Puis j'avais envie que ça soit moi, parce que c'est moi qui fais son éducation. La moitié, son éducation. Puis j'ai envie que s'il y a quoi que ce soit, que même... que n'importe quelle entité légale, ils ont besoin d'un père, je suis là. Il peut compter sur toi. Il peut compter sur moi. Exact. Parce qu'on aurait pu décider de ne pas faire l'adoption formelle, mais moi, je

SPEAKER_02

trouvais

SPEAKER_00

que c'était

SPEAKER_02

important. Qu'est-ce que vous sentiez ou que vous sentez que c'est aussi important pour l'enfant ou c'est vraiment plus pour vous le que c'était important

SPEAKER_00

d'offrir ça. C'est sûr que

SPEAKER_02

lui, à son âge, il est comme... Je suis déjà son père. Il ne comprend pas trop, en fait. Lui, il vit dans le quotidien de toute façon.

SPEAKER_00

Exact. Mais on lui a quand même expliqué, même le gouvernement va le savoir que c'est Xavier, ton père. Il est comme, OK, OK, c'est vrai. OK, je comprends. Mais c'est quand même

SPEAKER_02

un peu abstrait, c'est sûr. Oui. Mais c'est cool, je trouve, parce que C'est comme... On dirait que ça vient... Pas amplifier, mais comme... Je trouve pas le mot. Solidifier, peut-être. Ou en tout cas, c'est comme...

SPEAKER_00

Oui, parce que dans toutes les situations, ça veut dire que moi, je vais toujours rester son père. Oui, c'est ça. Vraiment hypothétiquement, exemple que séparation, moi, j'ai pensé à ça aussi. Je me suis dit, non, je vais rester son père. Ce n'est pas juste parce que je suis avec Noémie. Je reste son père pour toujours. C'est comme un engagement formel. Parce que je trouvais ça tellement triste aussi d'imaginer que cet enfant-là n'est pas de père. Tu comprends? C'est vraiment comme une opportunité pour moi de faire comme... Des fois, on voit ça dans les films. Le côté comme faire le sacrifice de soi pour une grande cause. Là, c'est devant moi. C'est comme, il n'y a pas de peur. Je peux donner à son père. Je trouve que c'est comme... Je ne sais pas. Il y a quelque chose en dedans de moi qui, éthiquement, c'est comme... Il faut que je le fasse. Il faut que je devienne son père. C'est important. Si j'étais à sa place et que je n'avais pas eu de père, c'est le truc que je voudrais le plus. C'est qu'il y a un homme qui décide de prendre ce rôle-là. Puis... puis de devenir le père.

SPEAKER_02

Pour moi, c'était super important. Ce que je trouve intéressant aussi, c'est que, comme tu disais, quand on devient parent, on est parent. C'est de même. Il n'y a pas nécessairement, peut-être de plus en plus, il n'y a pas nécessairement le processus de conscientisation, puis de responsabilité, puis d'engagement. On ne signe pas de papier, genre, oui, d'ailleurs, comme... la naissance, de la paperasse, tout ça, d'accord, mais il n'y a pas nécessairement une réflexion à savoir, OK, à quoi je m'engage dans le fond quand je deviens parent? Est-ce que c'est un choix conscient? Il y a même plein de parents qui ont des enfants qui ne se sont vraiment pas posés de questions, qui ont juste mis au monde des enfants et qui font de leur mieux. C'est bien correct, c'est sans jugement, mais juste pour dire que je trouve ça intéressant de conscientiser Réorientiser le processus, tu sais. Puis même pour l'enfant, de dire, moi, je suis ton père parce que j'ai choisi. Oui, c'est ça. Tu sais, c'est un choix conscient. Puis c'est un engagement, là, comme peu importe ce qui va arriver, je vais rester ton père. Puis j'ai envie de formaliser, d'officialiser. Je trouve qu'il y a quelque chose, peut-être de... j'imagine, de rassurant, tu sais, pour l'enfant. C'est-à-dire, moi, je ne suis pas ton parent juste parce que le condom, il a pété.

SPEAKER_01

Oui, c'est ça, c'est

SPEAKER_02

ça, c'est ça. C'est pas juste arrivé de même, c'est comme, non, non. Puis en plus, tu sais, parce que... Je

SPEAKER_00

parle dans quelque chose. C'est vrai que c'est drôle quand

SPEAKER_02

on y pense comme ça. Ça me fait penser qu'il y a des enfants, des fois, qui peuvent se sentir pas à la hauteur, pas suffisants, dévalorisés, tout ça. Je ne sais pas comment... comment dire ça, mais c'est comme, tu sais, les parents, on choisit pas nos enfants, à moins qu'on tombe, là, dans quelque chose de spirituel ou des croyances, mais concrètement, là, tu sais, on les magazine pas, là, tu sais, c'est pas comme, ah ouais, lui, il est hot, c'est lui, je vais prendre, non, tu sais, on découvre notre enfant, puis on fait avec, là, tu sais, on s'adapte, puis là, bien, on découvre des choses, puis il y a comme tout un lien qui se développe avec l'enfant, Mais dans ta situation, c'est comme tu as rencontré l'enfant, puis après, tu as fait ton choix.

SPEAKER_01

Oui. Je

SPEAKER_02

trouve qu'il y a quelque chose d'unique dans un processus comme ça. En tout cas, ça me fait comme penser à plein

SPEAKER_00

d'enfants. Ça me fait penser à... Tous les parents qui adoptent des enfants ont ce processus-là, par contre. Parce que je côtoyais une femme qui le faisait. C'est tout un suivi. Je ne sais pas exactement c'est quoi, mais on check si tu es correct. Tandis que quand on est parent biologique, il n'y a pas ça. Tu as juste des enfants. Let's go. Tu es tes parents officiels maintenant. Donc, il n'y a pas ça. C'est intéressant que tu dis aussi que j'ai fait le choix

SPEAKER_01

après.

SPEAKER_00

Aussi, ça me fait penser que des fois, on s'imagine que parce que c'est de ma chère, il va être plus comme moi ça va être plus facile parce qu'il y a les mêmes gènes. Jusqu'à un certain point, oui. Mais je pense qu'il y a beaucoup de gens qui s'étonnent que non. Au contraire, il y en a que leur enfance n'est pas comme eux. C'est très différent et pas la même façon de voir le monde. La preuve, on a tous nos propres parents et on ne pense pas comme nos parents. On a fait des choix très différents de nos parents. Ils l'ont vécu aussi. J'ai rationalisé ça beaucoup. Je me disais, OK, on est différents, mais en même temps, J'aurais pu avoir un enfant aussi qui est très différent de moi. Il aurait fallu que je fasse avec anyway. Je me suis dit que à la plage, j'allais plus trouver l'endroit où on peut se

SPEAKER_01

rencontrer.

SPEAKER_00

Avec le temps, on a fini par trouver. C'est sûr que plus sportif, plus manuel, mais je pense aux soirées donjons et dragons qu'on a commencé à faire. C'est comme un jeu de table où est-ce que chacun à son personnage. Parce que l'idée est venue à la base, parce qu'on a parlé des écrans tantôt, mais moi, j'étais beaucoup dans les jeux vidéo. Puis bon, pas beaucoup de petits gars qui n'aiment pas les jeux vidéo. C'est sûr que c'est un intérêt qu'on a, pas mal tout le monde. Mais dans le fond, je ne voulais pas trop l'exposer rapidement aux jeux vidéo. Mais moi, il y avait quelque chose dans le jeu de personnages dans les jeux vidéo que j'adorais, qui est le côté imaginaire, le côté fantastique du héros qui devient meilleur, qui fait des quêtes. Il y a quelque chose qui est le fun. Je voulais qu'ils le vivent ça aussi, mais pas à travers le jeu vidéo isolé, tout seul avec un ordinateur. Peut-être qu'il le fera plus tard quand il va plus vieux, mais j'étais comme, comment je peux amener ça? Puis là, ça m'a fait penser au jeu Donjons et Dragons, qui est exactement ça qui est la source de tous ces jeux-là. On a décidé ensemble de avec plusieurs amis de son âge, de faire ces soirées-là à chaque semaine. Puis là, il peut vivre cette expérience-là, puis il capote, là, tu sais. Il aime vraiment ça, puis on en parle, puis je vois que ça... Il fantasme, là, tu sais, sur toutes les possibilités. Puis à un moment donné, on écoutait quoi? On écoutait... On écoutait le film du Hobbit. Puis il y avait des orques, là, sur des wargs. C'est comme des genres de gros loups, là, tu sais. Puis... Puis il était comme, ah, tu pourrais-tu mettre ça dans notre prochaine game, là? C'est-tu possible? Je fais, ah, peut-être. Peut-être que c'est possible, tu sais. Fait qu'il me relance la balle. Je trouvais ça drôle. Puis c'est ça, c'est comme... Je veux vraiment en parler un petit peu plus encore parce que c'est drôle parce que ça adonne parfaitement ce jeu-là parce que dans le fond, moi, je suis maître de jeu. Puis le maître de jeu, là, il doit connaître tellement de choses. Fait que ça vient nourrir le côté intellectuel, de connaître toutes les règles, connaître tout l'univers.

SPEAKER_02

Que toi, c'est ta force. C'est ma force. Il y en a que... En tout cas, moi, perso, c'est la partie que j'haïs le

SPEAKER_00

plus d'un

SPEAKER_02

jour. La force

SPEAKER_00

du monde, c'est ça. Apprendre toutes les règles. Même moi, des fois, je suis comme lassé parce qu'il y en a tellement. Celle-là, on ne la fera pas, cette règle-là. Ça nourrit ce côté-là. Mon fils, lui, il adore le côté jouer les le côté du hasard, de devenir meilleur, de devenir plus fort. Ça, il adore ce côté-là. Même de acter un peu, il aime quand même ça. Je suis venu trouver un terrain d'entente dans cette activité-là. On aime

SPEAKER_02

bien ça. Mais je trouve ça tellement cool. J'ai envie de dire que mon fils aussi participe aux soirées et je trouve ça tellement cool qu'il y ait quelque chose d'organisé chaque semaine, que ça dure dans le temps aussi. Il y a une évolution qui se poursuit, mais comme, je ne sais pas ça fait combien de temps que vous jouez à ça, mais ça fait un bout

SPEAKER_01

quand même.

SPEAKER_02

Puis là, il y a le père de mon fils qui s'est rajouté aussi aux soirées. Mais moi, je trouve ça tellement le fun de voir aussi, tu sais, comme, juste à la base, le fait que ce soit l'idée par un adulte.

UNKNOWN

Oui.

SPEAKER_02

Je trouve ça vraiment hot parce qu'il y en a beaucoup de jeux où les enfants jouent entre eux. Des fois, il y a un adulte qui supervise de loin. Des fois, on règle des conflits. Mais de dire, OK, chaque semaine, je prends un temps avec vous et je suis un leader. Je suis un contenant. Puis vous, ça, c'est votre terrain de jeu. Tellement. Puis moi, je suis là pour vous montrer un paquet d'affaires, parce qu'il y a comme... Ils sont stimulés intellectuellement, mais il y a toute l'entraide aussi, puis les stratégies, puis en même temps le plaisir. C'est pour vrai. Moi, je pense que j'étais déjà à midi, mais là, j'en profite. Je suis comme« Wow!» C'est tellement

SPEAKER_00

extraordinaire, ces soirées-là. C'est vraiment... Puis à la base, c'est le fun parce que c'est un jeu de coopération. Finalement, ça va C'est ça le thème du podcast. C'est un jeu de coopération qui est très... C'est rare, les jeux de coopération, en partant. Dans les jeux de table, on va plus être en équipe, des équipes contre. Sinon, c'est un jeu tout le monde contre. Là, c'est un des rares jeux où c'est ensemble. T'as raison que le fait que je sois l'adulte, moi, je vois tellement d'affaires. Écoute, je vois tellement des dilemmes moraux qu'en principe, il n'y aurait pas à

SPEAKER_01

leur

SPEAKER_00

âge. Mais que là, vu qu'ils sont projetés dans cet univers-là, tu vois les différentes personnalités. Il y en a qui sont super contents quand ils gagnent des pièces de monnaie. Il y en a, ça ne leur dérange pas plus que ça. Il y en a qui sont obsédés par le combat. Il y en a qui sont comme, mais non, mais qu'est-ce qui se passe? L'histoire, ils veulent qu'il y ait une histoire intéressante. Moi, des fois, je vois justement le classique, c'est le premier combat qu'ils ont fait. À la fin, il y a un butin. Il y a il y a des pièces d'or. Puis là, c'est comme, bon, qu'est-ce que vous faites avec les pièces d'or? Est-ce que c'est en fonction de lui qui a le plus attaqué? Est-ce que c'est égal pour tout le monde? Ah, il y a un personnage qui n'était pas là aujourd'hui, un joueur qui n'était pas là. Est-ce qu'on lui garde une part du butin? Fait que là, on voit toutes les opinions. Fait qu'il y en a qui disent, ben oui, là, il faudrait le garder. Ah, ben non, là, il n'est pas là, là, il n'a pas fait le combat, on ne va pas le garder pour lui. Donc, tu vois tout toutes les opinions. Puis là, moi, j'essaie de ne pas trop en imposer une. J'accepte vraiment. Sont-ils en mode capitaliste, communiste? Moi, je ne me mêle pas de ça. Je fais

SPEAKER_02

juste poser la question. Donc, c'est vraiment drôle. Tu vois les valeurs de chacun aussi. C'est ça. Puis tout ça. Exact. Ce que je trouve intéressant aussi, c'est que là, tu sais, on parle de comme, justement, toi, ça, c'est tes ondes de compétences. Puis là, tu disais tantôt... Puis, tu en as d'autres. Tu sais, on pourrait... Avant d'enregistrer, on parlait des écrans. C'est quelque chose que tu maîtrises bien aussi. Pour accompagner les enfants au niveau du contenu, des limites, un paquet d'affaires. On pourrait éventuellement faire un épisode de podcast là-dessus aussi. Ce que je trouve chouette dans ta manière d'être parent, c'est que... En tout cas, dis-moi si je me trompe, mais tu ne t'imposes pas d'exceller dans tous les niveaux de la parentalité. Tu sembles bien comprendre c'est quoi tes zones de compétence et c'est où que c'est moins tes zones de compétence. À ce moment-là, d'être capable de compléter avec soit ta conjointe ou des personnes à l'extérieur, je trouve que c'est une belle force. Justement, pour votre fils qui est plus manuel, tu me disais tantôt, avant l'enregistrement, Comment peut-être expliquer, comment

SPEAKER_00

vous répondez? C'est ça, parce que moi et Noémie, on est plus profil artistique. Moi, j'ai un côté un peu scientifique, mais c'est beaucoup là. On n'est pas trop manuel. Notre fils est super physique, manuel, sportif. C'est un athlète. Il est bon dans tous les sports. On veut le pousser. Moi, je ne veux vraiment pas faire le parent qui est comme« J'aimerais donc ça qu'il...» je vais le pousser là-dedans parce que moi, j'aime ça. C'est comme... Moi, ce n'est pas ça que j'aurais voulu. En tout cas, mes parents m'ont toujours poussé dans ce que

SPEAKER_02

j'aime,

SPEAKER_00

ce que j'étais. J'essaie de faire ça pour lui aussi. Donc, le côté manuel, c'est ça. Notre fils, il est bon avec le bois. Il aime ça gosser le bois, le travailler. Je ne vais pas commencer à faire un cours d'ébénisterie pour que moi, je puisse lui enseigner. Ça ne fait pas de sens. Au contraire, on va trouver une personne ressource, on est chanceux dans le village, il y a quelqu'un qui en fait, puis on va l'inscrire à des cours. Ça, c'est le genre de choses où ça passe par la connaissance de soi. Je sais que ce n'est pas ma force. Je ne vais pas faire exprès d'essayer de lui enseigner quelque chose que ce n'est pas ma force. Mais quelque chose, par contre, que je suis toujours en questionnement, c'est est-ce que je passe à à 7 ans avec lui. Ça, c'est toujours... C'est toujours ça, pour moi. Est-ce que je passe à 7 ans avec lui à 7 ans?

UNKNOWN

Euh...

SPEAKER_00

Parce que même des fois, je suis avec lui, mais je sens que je suis ailleurs. Ma tête est pleine. Je suis avec lui, mais des fois, je manque des bouts de ce qu'il va me dire. Des fois, il va me parler de Pokémon, mais à un moment donné, les Pokémon, c'est comme t'écoutes, mais à un moment donné, c'est comme, OK, Pikachu, c'est bon. De s'intéresser vraiment, ce n'est pas toujours facile. Surtout quand c'est pointu comme ça. Des fois, je suis comme, est-ce que je suis vraiment Je me pose toujours la question. Des fois aussi, je me rends compte qu'il veut juste que je sois là. Comme Je n'ai pas été habitué à ça. Moi, je n'ai toujours été habitué. Parce que moi, ce n'est pas comme ça que je fonctionne. Quand je suis avec quelqu'un, j'aime ça avoir des conversations intéressantes. Je suis tout le temps là-dedans. Je me nourris de... J'aime bien la philosophie. J'aime les idées. J'aime ça quand ça nourrit une conversation. Mais mon fils, c'est l'inverse. Lui, c'est juste ce que je sois là. Physiquement. Puis, je n'ai rien à dire. Ça, c'est quelque chose que j'apprends vraiment dernièrement. Dans les dernières années, c'est comme... Des fois, on est en auto, puis... J'ai beau lui demander comment s'est passée sa journée, mais des fois, je suis comme... Peut-être qu'il n'a même pas envie de parler. Peut-être qu'il a envie d'être juste dans le silence. Au début, je n'étais pas à l'aise parce que je n'ai jamais été full à l'aise avec le silence. Là, j'apprends. J'apprends à faire comme... Il est dans sa tête, il est dans sa bulle. Il a l'air bien. Pourquoi j'aurais besoin de parler? Il est avec moi dans l'auto. Il est content. C'est peut-être juste ça qu'il a besoin. J'apprends à être là.

SPEAKER_02

Oui.

SPEAKER_00

Tout

SPEAKER_02

simplement. Oui, puis c'est sûr qu'il y a des moments, j'imagine aussi, que vous connectez dans des discussions. Dans le fond, c'est qu'il y a différents moments. C'est ça. Puis il y a des moments où est-ce que ça va être dans la discussion. Il y a des moments où est-ce que là, peut-être, ça va être désaccordé parce que lui, il a un besoin que toi, tu comptes pas instantanément ou vice-versa. Puis des fois, c'est juste comme on est ensemble puis c'est suffisant. C'est ça. C'est intéressant. Je trouve que t'as comme... Tu disais tantôt, dans le fond, ça prend une connaissance de soi. Je trouve que justement, cette connaissance-là puis l'observation aussi, dans le fond, ça demande l'observation de toi puis une compréhension de ça puis une observation de l'autre puis une compréhension de comment lui fonctionne. C'est comme... après ça,

SPEAKER_00

de s'ajuster là-dedans puis de voir... Bien oui, puis je pense que si on n'a pas poussé la réflexion de vraiment se connaître comme il faut dans toutes nos dimensions, bien là, c'est dur de le faire en plus pour ses enfants. Bien oui. Puis, bon, vu que j'ai un profil un peu dans les idées, c'est sûr que j'adore les modèles psychologiques pour comprendre l'humain ou que ça soit... Je pourrais en sortir une couple, mais Lui que j'aime beaucoup, c'est Océan. On l'appelle en anglais le Big Five. Ça, je l'aime beaucoup. Je n'en parlerai pas aujourd'hui parce que c'est un gros truc, mais ça permet de connaître un peu la personnalité d'une personne. Donc, de me connaître moi, de connaître mon fils. Ou est-ce qu'on n'est pas à la même place. Ça, c'est le fun. Sinon, j'aime bien aussi le modèle avec quatre couleurs pour la communication. Moi, je suis quelqu'un qui est très cérébral bleu, donc très dans les détails. Mais mon fils, il est plus comme, il faut que ça avance. C'est un peu plus rouge. C'est le

SPEAKER_01

rouge.

SPEAKER_00

C'est un peu plus comme, go, go, go. On ne va pas dans les détails. Au pire, on ajustera après. Puis moi, je suis comme, non, on n'ajustera pas après. C'est comme, il faut que ça soit parfait tout de suite. Là, j'apprends à m'ajuster en fonction de comment lui, il fonctionne.

SPEAKER_02

C'est intéressant parce que là, on sort de comme, c'est comme, voyons, j'accroche jamais mon micro. d'habitude, puis aujourd'hui, j'arrête pas. De qu'est-ce qui est correct ou pas correct, tu sais. Ou comme... En tout cas, je trouve que ta vision objective, un peu, c'est comme ça, c'est comme ça, ça, c'est le même, ça, c'est le même, ça, c'est le même. C'est pas que ça, c'est mieux que ça ou que ça, c'est mieux que

SPEAKER_00

ça. C'est complémentaire.

SPEAKER_02

C'est complémentaire et différent, mais tout peut exister. C'est juste qu'est-ce qu'on fait avec ça pour

SPEAKER_00

être bien, tu sais. Exact. Ouais, ouais, mais c'est super bon. Puis, justement, il y avait quelque chose que je voulais vraiment dire, c'est il y a quelque chose que j'ai appris qui est vraiment fort avec mon fils, c'est la façon qu'il fonctionne au niveau des interventions quand il y a pas un conflit, mais quand il y a une surcharge émotionnelle. Puis, moi, avant, par exemple, je suis plus du genre à, quand il y a quelque chose qui s'est passé, un conflit ou quoi que ce soit, c'est comme, OK, on le règle tout de suite. C'est comme, hé, je l'adresse tout de suite, puis on passe à autre chose. Puis, lui, il est pas comme ça. Lui, on peut pas. On peut pas, puis j'ai compris un peu en faisant des petites recherches que c'est la zone du cerveau où est-ce que c'est tellement émotionnel que le rationnel... Ça ne connecte

SPEAKER_02

pas. Ça ne

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connecte pas. Là, j'ai compris. Il fallait que j'aille vers ce côté-là pour comprendre comme il faut. Ma blonde, elle a fait que là, c'est évident. C'est comme elle comprend tout de suite, c'est intuitif. Moi, je suis comme, non, mais j'ai besoin de comprendre. Puis là, c'est ça. Il faut que j'apprenne à le laisser vivre son émotion. Je suis comme, OK, on parlera plus tard. On parlera dans 15 minutes. Puis ça marche

SPEAKER_01

tout le

SPEAKER_00

temps. On va aller voir dans sa chambre. Il vit son truc. Mais des fois, c'est pas encore prêt. Puis là, OK, on va attendre encore un petit peu plus. Puis on revient. Puis là, il est revenu, son émotion a baissé. On peut parler de ce qui s'est passé. C'est pas toujours le fun, mais il faut quand même l'adresser. Puis là, même il y a des trucs que j'avais pas compris. Je suis comme, ah, OK, tu te sentais comme ça quand j'ai dit ça. Ah, excuse-moi, c'était pas ça que je voulais. Je voulais pas que tu l'interprètes comme ça, en tout cas. C'était pas mon intention. Ça me beaucoup ça m'a sauvé de bien des affaires. Apprendre à laisser vivre son truc.

SPEAKER_02

Merci. En tout cas, ça m'a donné plein d'idées, mais clairement, j'ai envie que tu reviennes pour qu'on parle d'autres sujets. Entre autres, des écrans. Je pense que ça serait chouette de faire un épisode là-dessus. Mais merci pour ta générosité puis aussi ton courage puis ton humilité parce que c'est ça, j'ai cru comprendre que c'était pas nécessairement ta zone de confort de venir parler de trucs plus personnels. Puis, bien, Moi, je salue ça. Je trouve ça vraiment... Je pense que ça va servir en tout cas à d'autres parents et peut-être aider à faire baisser des barrières et à inspirer.

SPEAKER_00

Ça serait le fun.

UNKNOWN

Merci beaucoup. Ça me fait plaisir.

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