Parent Sur Mesure

Nancy Doyon : Plus de 30 ans de parentalité et de nuances

Ève-Marie Lemieux-Maillé Season 2 Episode 10

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Fidèle à elle-même, Nancy Doyon aborde la parentalité avec un bel équilibre de professionnalisme et d'humanité. 

Dans cet épisode de Parent Sur Mesure, Ève-Marie Lemieux-Maillé reçoit Nancy Doyon pour revisiter les grands courants parentaux des 30 dernières années — de l’autorité stricte à la bienveillance parfois mal comprise.

 On explore :

 • L’évolution de la parentalité
 • Les dérives 
 • La posture parentale
 • L’importance de sortir du “bon ou mauvais” pour entrer dans plus de nuance

 Un épisode qui remet les pendules à l’heure. Pour aider les parents à se repositionner avec confiance, entre cœur et structure.

 Parce qu’au fond, la parentalité n’est pas une méthode.
 C’est un ajustement constant entre l’enfant, le parent… et la réalité. 

Pour plus d'informations sur Nancy Doyon: 

https://sosnancy.com/

https://institutcoachingfamilial.com/

https://www.facebook.com/nancydoyoncoachfamilial/?locale=fr_CA

https://www.youtube.com/c/NancyDoyonSOSNancy

Pour ses ateliers à venir:

https://ateliers-top.sosnancy.com/

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SPEAKER_00

Alors bonjour tout le monde, aujourd'hui je reçois Nancy Doyon. C'est un honneur pour moi de te recevoir Nancy aujourd'hui. Écoute, ça fait plus de 30 ans que tu accompagnes les parents, les familles. Ton CV est assez long, merci. J'ai pris le temps de regarder et je me disais, wow, quand même. Fondatrice d'SOS Nancy, de l'école de coaching familial, de l'institut de coaching familial également. Tu es éducatrice spécialisée de formation et maître praticienne en PNL. Et là, il y a plein d'autres formations. Ton parcours est bien rempli. Je suis autrice. Oui, autrice conférencière. Oui. Merci de prendre le temps à travers tous tes projets pour nous aujourd'hui, de prendre le temps d'échanger avec moi. Ça me fait vraiment plaisir. Ça me fait bien plaisir aussi. Je me demandais, Nancy, depuis 30 ans, est-ce que la parentalité a évolué? Est-elle différente? Oui, ça a tellement changé. Moi, j'ai 55 ans, donc en début de carrière, ce qu'on voyait beaucoup, on était beaucoup dans le cassage d'enfants, je te dirais. On était beaucoup centré sur les comportements. Même quand j'ai fait mon cours en éducation spécialisée, notre job était beaucoup de faire de la modification de comportement. Puis, on était beaucoup dans punition, critique, punition. C'était beaucoup ça. À un moment donné, j'ai vu arriver un petit peu plus. Mes premières années en carrière, j'étais en centre jeunesse avec les adolescents, garçons en troubles graves du comportement. J'ai vu arriver les systèmes d'émulation. Renforcement positif, renforcement négatif. Oui, c'était correct. En parentalité, en général, on avait un petit peu plus de sensibilité à... Je l'entendais, un petit peu plus de sensibilité à... Les enfants ont besoin qu'on on passe du temps avec eux, qu'on joue avec eux. Mais tu sais, moi, j'ai 55 ans, ma mère, à moi, j'ai eu des parents exceptionnels, mais dans la génération de ma mère, des parents qui jouaient avec leurs enfants, ils n'en avaient pas tant. Tu sais, ma mère l'a fait un peu avec moi, Ma mère avait un côté très ludique. Mais, tu sais, les parents ne faisaient pas ça, puis les pères encore moins. Les parents, les papas n'étaient pas impliqués dans le temps. Puis là, ça aussi, moi, j'ai vu ça arriver. Tu sais, les papas de plus en plus impliqués. Puis là, au début, les pères aidaient les mères, tu sais.

UNKNOWN

Oui.

SPEAKER_00

Maintenant, ça fait partie. Quand un homme décide d'être papa, il est conscient que son implication auprès de son enfant, c'est plus optionnel. Ça fait partie de la vie. Je me souviens quand j'ai vu, dans ma propre parentalité, à un moment donné, on était avec des amis. On a plein d'enfants qui courent partout. À un moment donné, il y a un enfant qui se fait mal et qui se met à pleurer. Ça m'a impressionné le jour où il y a eu autant de papas qu'une maman qui se sont levées pour aller voir c'était l'enfant de qui. Ça, j'ai trouvé ça vraiment intéressant, puis de voir comment les papas s'impliquent, puis moi-même, comme conférencière, j'ai vu de plus en plus de pères dans mes salles. Il y a encore une majorité de femmes, je te dirais, mais j'ai vu de plus en plus de pères dans mes salles quand je donne des conférences. Les pères se sont beaucoup impliqués. On est parti, c'est ça, du du cassage d'enfant, puis beaucoup, tu sais, centré sur le comportement, puis beaucoup, tu sais, punitif, puis écoute, au niveau de la gestion des émotions dans le temps, tu sais, moi, quand j'ai commencé ma carrière, là, c'était quand un enfant fait une crise, ignore-le, fait qu'il va comprendre que les crises sont inutiles, puis là, je me disais, ouais, mais il va comprendre aussi que tout le monde se fout de ses émotions, tu sais, quand tu coupes un coup, Et même quand je travaillais en centre d'accueil, là, j'ai vu commencer à arriver des approches plus relationnelles. Où on s'est même parlé plus de, ben, tu sais, il faut créer la relation. Puis moi, je me souviens aussi, quand je travaillais en centre d'accueil, je disais souvent,« Ah, ce jeune-là, là, derrière ses comportements, il a de l'anxiété.» Mes collègues me regardaient avec une face de« De quelle planète?»« Regarde, tout ce qu'on veut, c'est qu'il arrête son comportement.» Je disais,« Ouais, il me sent très bien, je suis là. anxiété en arrière, peut-être que... Mais à l'époque, on n'était que d'en faire cesser, dans l'arrêt d'agir. Oups, la pression, on a commencé à parler justement d'enseigner la gestion des émotions aux jeunes, enseigner la résolution de conflits, puis tout ça, mais je me souviens comment on était novateurs quand on faisait ça. Moi, ça recule, c'est ça, il y a même quelques années. en début de carrière. On écoutait des films avec les jeunes. Après ça, on discutait de comment les personnages se sont sentis. On travaillait à développer leur empathie. On était très, très novateurs. Après ça, Mathilde, j'ai vu arriver toutes les approches de parentalité positives et bienveillantes. J'ai dansé à Samba. Je suis super contente. J'ai suivi plusieurs formations. Ça s'est rapidement mis à gricher dans ma tête. Quand j'ai lu les bouquins des fondateurs des approches de discipline positive, puis de Rosenberg, quand je me suis fait lire, ça faisait du sens. Mais quand je suis allée suivre des formations, je voyais l'interprétation qui, ma foi, ne me convenait pas. Je me disais« Ben voyons, c'est pas vrai qu'on s'en va là.» Puis là, au début, je me disais« C'était le formatrice, ça n'a pas de bon sens.» Ou« C'était le formateur.» Mais là, plus ça allait, plus je fais« Ben voyons, ben voyons, ben voyons.» Et là, ce que je constate, c'est qu'autant... Puis il y a quand même quelque chose de beau qui est là, dans le sens où, de nos jours... Puis moi, mon premier bouquin que j'ai écrit en 2011... En fait, je l'ai écrit avant ça, mais il a été publié en 2011. c'était trouver le sens des comportements des enfants. Ça s'appelait, par un gros bon sens, mieux comprendre pour mieux intervenir. Si c'est de la recherche sur ton enfant, il fait tel comportement par recherche d'attention, pose-toi la question. Pourquoi il recherche l'attention? Est-ce parce qu'il y en a pas assez ou peut-être parce qu'il y en a trop? Pourquoi il recherche l'attention de façon négative? Bref, c'est mon premier livre. À l'époque, ça avait fait un hit, justement, parce que j'étais l'une des premières qui écrivait un ouvrage vulgarisé sur comprendre le sens des comportements, que les comportements des enfants, c'est le symptôme de quelque chose. Mais là, cette partie-là est encore là. On cherche à comprendre. Après ça, je trouve qu'il y a eu des dérapages dont je vais te parler. Et on est encore dans chercher les causes derrière les comportements, les besoins derrière. La CNV aussi que j'ai qui a été beaucoup popularisée, qui était super intéressante, la communication non-violente, pour ceux qui ne sauraient pas. Ça aussi, j'ai vu ça de façon à être vraiment d'un bon oreille. Ça, c'est encore là. Le seul, puis j'ai vu aussi toute la part des neurosciences, les neurosciences affectives qui sont arrivées quand même, mettons, qui ont été popularisées peut-être il y a une dizaine d'années, Je me disais, c'est intéressant d'apprendre aux parents comment le cerveau fonctionne, comment les habitudes s'installent, les déclencheurs émotionnels, les mécanismes de défense. C'est quelque chose qui me passionne et que j'aime beaucoup. Mais là aussi, j'ai vu... Puis là, je n'aime pas ça parce que je me dis, voyons, qui suis-je pour juger mes collègues, mais à mes yeux, on va le dire comme ça. Moi, à mes yeux, il y a... Je trouve qu'on fait dire, par exemple, aux neurosciences que les neurosciences ne le disent pas. Puis on se dit, c'est de la science, il n'y a pas d'interprétation possible. Oui. C'est ça. C'est pas tant vrai qu'il n'y a pas d'interprétation possible. Il y a des faits, mais ce qu'on fait dire aux faits qui a, qui est mâchalé. Même chose pour les approches, même la CNV, la communication non-violente, en CNV, il n'y a personne qui a dit qu'il ne fallait pas mettre de règles aux enfants. Or, il y a des gens qui disent que la communication non-violente, que toute forme de règle, toute forme d'inconfort aux enfants, toute forme de violence... Il y a beaucoup d'interprétations, puis il y a beaucoup de twistages d'affaires qui ont eu lieu, puis de manque de nuances, je dirais, qui me turlupinent et qui me chatouillent, et qui me chatouillent de plus en plus, parce que là, j'ai l'impression qu'on tombe dans beaucoup d'exagérations. Je trouve que souvent, il y a des concepts qui sont intéressants à la base, mais qui deviennent exagérés. Je te donne un exemple.

UNKNOWN

Hum...

SPEAKER_00

Ne pas donner de surnom aux enfants.

UNKNOWN

Oui. Hein?

SPEAKER_00

À la base, tu te dis, oui, c'est vrai. Moi, j'ai donné un prénom à ma fille. Je suis contente que les gens l'appellent Emmanuel ou même un petit diminutif Manu, ça ne me dérange pas. Effectivement, si quelqu'un l'appelle Cocotte à temps plein, je trouve ça dommage. Je trouve ça le fun qu'on appelle les enfants par leur prénom au moins de temps en temps. Surtout en bas âge. Ils sont en train de bâtir leur identité. Mais là, on parle ça, puis bon, bien évidemment, on va éviter de donner des surnoms qui risquent de teinter la perception que l'enfant va avoir de lui-même, d'un bord comme de l'autre. Tu sais, je n'appellerais pas... Tu sais, j'avais un monsieur, moi, qui avait appelé, il surnommait son petit garçon Taz, comme Tasmanian Devil. Tu sais, il avait surnommé Taz. Je dis, oui, c'est peut-être pas une super idée, parce que trop jeune va s'identifier à ça, puis il va bouger encore plus. Je J'avais vu un parent qui appelait souvent sa fille« Ah, elle, c'est Miss Caprice. Miss Caprice, Miss Caprice.» Je trouve ça chiant un peu. Mais même de côté positif, si j'appelle ma fille ma petite princesse, ma princesse, ma princesse, ma princesse, à un moment donné, il ne faudrait peut-être pas que je m'étonne si elle me traite comme sa servante, si c'est ma princesse. Ou qu'elle veut toujours être trop jolie et qu'elle accorde trop d'attention à son image. Mais que Je l'appelle princesse une fois de temps en temps. Moi, je n'ai jamais vu d'enfants qui ont fait trois ans de thérapie parce que leur papa les appelait« ma cocotte, mon amour, ma poulette, mon cœur». C'est ça. Moi, ma fille, je l'appelais Pinotte. Des fois, je l'appelais Pinotte aux mesures. Aucun rapport. Ou mon petit fond de lousse. Aucun rapport. Mais tu comprends que je n'ai pas bousillé avec ça. Après ça, je disais, ne pas donner de surnom, c'est aller jusqu'à, en garderie, il faut toujours appeler les enfants par leur prénom et jamais les amis,« Coucou, beauté, viens ici ma chérie.» Non, non, non, pas le droit de faire ça, il faut juste les appeler par leur prénom. Là, c'est devenu, si tu donnes un surnom à un enfant, même si c'est banal, c'est devenu une mesure, une intervention inappropriée, puis tu peux être sanctionnée comme éducatrice. Bien là, pour moi, ça ne marche plus. Je m'excuse, mais moi, j'ai une mémoire de pouette. Donc, tu sais, si je m'en vais dans un groupe d'enfants, bien, ça se peut que, sur le coup, quand je vais parler à William, je me souviens de plus qu'il s'appelle William, je dis« Hey, coucou, coucou! Non, non, non, non! T'es loup, viens ici!»« T'es loup, viens ici!» Je dis« Tu comprends? Je ne vais pas faire trois ans de thérapie, je vais l'appeler T'es loup!» À un moment donné, au lieu de William, Et c'est là où je trouve qu'on dérape. C'est ridicule. Mais le principe de base a du sens. C'est le fun que William, je l'appelle William de temps en temps, puis pas juste quand il a fait quelque chose de mauvais. Tu sais, ma mère, quand elle disait« Nancy, doyons!» Tu sais, ce serait le fun que mon nom, que le prénom de l'enfant ne sonne pas que comme une menace. C'est clair. Oui, j'adhère. On peut-tu les appeler plus souvent par leur nom? Mais de leur dire que ça devient une violence éducative si je leur donne un petit surnom, ça ne marche pas. Mais ça devient une violence éducative si je rappelle mon enfant à ma tête de linotte.

SPEAKER_01

– Hum-hum.

SPEAKER_00

puis que je l'appelle constamment comme ça. Si ma mère me dit« Toute une tête de linotte», c'est drôle parce que j'oubliais quelque chose. J'ai un TDA, j'oubliais bien des enfants. Mais si elle m'appelle constamment, puis qu'elle me présente en étant sa tête de linotte, là, c'est vrai que ça n'a pas d'intérêt. Ça fait partie des exemples. Dernièrement, je ne sais pas qui, il faudrait que je réussisse à parler à tous les formateurs qui font ça. Il y a un formateur qui dit que les éducatrices en garderie ne devraient pas donner de marque d'affection aux enfants. Que les câlins, les bisous, la main dans les cheveux, ça ne devrait être qu'un geste dispensé par les parents. Puis, la prémisse de base, ça semble être, bien, tu sais, en garderie, l'enfant passe beaucoup de temps avec son éducatrice, développe un lien significatif, l'éducatrice devient un peu une figure d'attachement importante, puis l'éducatrice, elle est là de façon temporaire dans la vie de cet enfant-là, fait que plus le lien est intense, bien, plus ça va faire mal, puis il va avoir une blessure d'attachement quand il va changer de groupe. Fait que, tu sais, à la base, une partie que je fais moins, c'est vrai Il faut faire attention. L'éducatrice, souvent, passe plus de temps avec l'enfant que ses propres parents. Il ne faudrait pas qu'elle devienne la principale figure d'attachement de l'enfant. C'est vrai qu'il peut y avoir des impacts. OK. Puis oui, dans mes 30 ans de terrain, je t'avoue que j'ai vu des éducatrices être drôlement intenses. Mon amour, mon chéri, je suis tellement contente. de voix, puis là, ils se prennent un enfant préféré, puis ils l'ont tout le temps dans les bras, puis ils sont tout le temps en train de flatter, puis de le regarder dans les yeux. Too much, too much. À ce moment-là, c'est comme plus l'éducatrice qui répond à son besoin et à elle qu'un enfant, par exemple, qui a un besoin spontané ou ponctuel d'affection ou de réconfort. Là, c'est comme, il y a un débalancement. Mais partir de ça, c'est vrai que c'est arrivé, je le vois. Il faut sensibiliser les éducatrices à un instant. Ce n'est pas ton enfant à toi. Mon amour, mon chéri. Si je dis à un enfant, c'est un bel amour, c'est une chose. Mais si à toi, le matin, je l'accueille, c'est mon amour à moi qui arrive. Too much. Le problème, c'est de la nuance.

SPEAKER_01

Oui.

SPEAKER_00

Mais non, je ne pense pas que l'affaire, je vais le scraper en disant,« Allez-y, ma belle amour.

SPEAKER_01

» Non, c'est ça.

SPEAKER_00

Et bien, tu sais, ce n'est pas vrai qu'un enfant va passer 40 heures par semaine, 40 des fois 50 heures, dans un endroit avec des adultes significatifs et qu'il ne va pas recevoir de réconfort, de toucher, d'affection. Ça ne fait pas de sens. Surtout dans le 0-5 ans, on s'entend. Ils sont tellement rassurés par la proximité, justement. C'est ça. Exact. Ça fait aucun sens pour moi. Et c'est là où je trouve qu'on chie. Et si, au lieu d'interdire des gestes, on enseignait la nuance, ça ferait tout. Absolument. Je me demande, je ne sais pas si toi, tu as des hypothèses par rapport à ça. Qu'est-ce qui fait que on propose des nouvelles approches ou on propose des façons de faire ou des façons d'être auprès des enfants. Puis, il y a comme, on voit une tendance à, OK, on prend ça puis on le généralise. C'est comme, ça fait ça souvent. C'est ce que j'observe, en tout cas, avec les temps. Pourquoi donc? Est-ce que c'est parce que c'est rassurant pour les personnes qui appliquent de se dire, OK, ça va plus que... Est-ce que la nuance demande de se faire confiance et donc c'est plus fragile? Je ne sais pas. Moi, écoute, je suis plus cynique que ça. Je te dirais, c'est vendeur. OK, oui. C'est vendeur d'arriver avec quelque chose de big. La nouvelle affaire. La nouvelle affaire. Puis, ce que vous faisiez avant, c'était de la chenoute. Maintenant, vous faites exactement l'inverse. Puis, c'est vendeur d'arriver avec une méthode. Voici quoi faire, quoi ne pas faire. Ça, c'est bien. Ça, c'est mal. Je vois passer plein de petites grilles qui me font tirer les cheveux sur la tête. Si l'enfant a tel comportement, c'est parce qu'il a tel besoin. Oui, mais non. C'est pas plus simple que ça. Si oui, c'est parce qu'il a besoin d'expression, non, ça se peut qu'il ait besoin de réconfort, ça se peut qu'il fasse ça pour s'amuser. Tout ça, ces petites grilles-là, ces affaires-là, un comportement, une solution, ça se vend bien. Les parents sont friands de ça parce que ça va vite. Même les éducatrices en garderie, même les profs, ça va vite. C'est plus facile Facile de dire, voici, chaque fois qu'il y a un enfant mort, c'est ça la bonne technique. La bonne façon de résoudre les conflits entre deux enfants, c'est celle-là. Les méthodes, ça vend bien. Une autre raison, c'est que effectivement, comme ça demande beaucoup de jugement d'avoir de la nuance, ce n'est pas tout le monde qui est équipé pour avoir du jugement. Et parfois, il vaut mieux interdire quelque chose à tout le monde que de le permettre avec nuance, parce que c'est pas tout le monde qui a la capacité de nuance. Fait que reprenons l'exemple des surnoms.

UNKNOWN

Bien, tu sais...

SPEAKER_00

La direction d'une garderie, ça va être plus facile pour elle de dire à ses éducatrices, il n'y a plus aucune éducatrice qui donne un surnom aux enfants, qui appelle les enfants autrement que par leur prénom. que de dire« oui, mais faites attention, si, faites attention.» C'est plus facile de l'encadrer comme ça. Puis là, avec le roulement de personnel dans les garderies, il y a quelque chose d'extraordinaire dans la multiculturalité des intervenants en garderie et en milieu scolaire qui apportent chacun des affaires tripantes, mais les valeurs étant bien différentes d'un pays à l'autre, Et les méthodes éducatives étant bien différentes d'un pays à l'autre, bien, c'est plus facile, je pense, pour des directions de dire« Ici, c'est comme ça, puis pas comme ça. Voici la bonne.» Puis, tu sais, on ne va pas plus loin. Ça demande beaucoup moins de travail. Puis, il y a beaucoup de roulement aussi de personnel dans les garderies, dans les écoles. Fait que, tu sais, de dire« Bien, ça, c'est proscrit. C'est comme ça.» C'est plus facile. Aussi, il y a les tendances. Dans n'importe quoi, c'est le phénomène du balancier. Moi, je suis arrivée en intervention d'un bar du balancier dans une discipline très autoritaire, froide, dictatoriale quasiment. Moi, j'ai vu ça arriver. J'essaie de ramener le balancier au centre. Et je vois de plus en plus d'intervenants qui reviennent sur des choses qu'ils ont nommées. Je pense à un intervenant qui disait« Les enfants n'ont pas besoin de limites.» J'ai lu ça il y a des années, je sautais ce pseudo. Il a dit« Oui, oui, en fait, ils ont besoin de limites, mais de telle façon.» Bref, je la sens la tendance à revenir vers quelque chose d'un petit peu plus nuancé, mais il y a quand même encore... Puis c'est ça. La vie va tellement vite que autant les parents que même les intervenants n'ont pas le temps d'approfondir ou ne prennent pas le temps d'approfondir une approche. Tu sais, avant, moi, quand je suis arrivée, c'était compliqué. Tu t'occupais de tes enfants, pas tant, puis quand ils se conduisaient mal, tu les punissais. T'as cinq de même. Fait que là, ben, t'écoutes pas, envoie dans le coin. T'écoutes toujours pas, à genoux, les bras en croix. Pis après ça, ils sont arrivés avec une minute par année d'âge. Bon, ben, écoute, t'as quatre ans, quatre minutes, c'est réglé. C'est pas du tout compliqué, quoi. Maintenant, on a changé le coin par les escaliers. J'ai vu ça dans les émissions de télé. On ne l'envoie plus dans le coin. On va l'asseoir dans les escaliers pour qu'il réfléchisse. C'était pas compliqué. Laisse l'enfant aller. Quand il n'écoute pas, un avertissement, deux avertissements. Escalier de minutes par année d'âge. La méthode est vide. Après ça, on peut faire des tableaux de récompense. Pourquoi pas? C'est le fun. Tu as eu plein de modes, toutes sortes de tableaux de récompense. C'est bon. Les routines. Mais c'est des méthodes. Tu n'as pas besoin de réfléchir. Tu prends la méthode, tu appliques la méthode, that's it. Sauf qu'on... Moi, j'ai toujours été celle qui fait comme,« Ouais, c'est cute la patente à la mode, mais c'est quoi l'inconvénient de...» Tu sais, exemple, même la valorisation. J'ai vu toute la vague de la valorisation arriver. C'est comme,« Hey, il faut dire aux enfants quand ils ont des bons comportements, puis bravo champion, puis t'es extraordinaire, puis te mets un petit collant.» Maintenant, je me dis,« Ouais, c'est bien cute cette affaire-là, mais il y a sûrement un inconvénient quelque part.

UNKNOWN

»

SPEAKER_00

On tombe dans la survalorisation. Là, on est venu à danser à Samba quand un enfant de 5 ans fait un kaken en toilette. Je trouve que le message est étrange. C'est comme s'il a fait quelque chose d'extraordinaire à faire un kaken en toilette à 5 ans. À 2 ans, je veux bien, mais à 5 ans, non, je ne vais pas te féliciter parce que tu as fait ton kaken en toilette. J'avais vu, pas dans une garderie, dans une école maternelle, l'enseignant voulait bien faire. il y avait au mur un énorme, plein de cartons, un énorme système d'émulation qui prenait quasiment tout le mur. Puis là, chaque enfant, le nom de chaque enfant était sur le carton. Puis le défi de chaque enfant, c'était bon, il y avait tous des défis différenciés. C'est cute, ça. Il y avait tous leurs défis. Puis quand ils réussissaient leurs défis, ils avançaient, il y avait un petit cheval, puis ils avançaient leur petit cheval. Puis au bout, quand il arrivait au bout, il y avait une récompense. Elle était bien, bien fière de me montrer son tableau. L'affaire, c'est que tu avais des enfants que quand ils avançaient leur cheval, si... ils faisaient une gaffe, leur cheval est reculé

SPEAKER_01

aussi.

SPEAKER_00

Et moi, j'avais mon petit William, 6 ans, c'était en maternelle, le truc prenait le mur au grand complet. Les parents, quand ils venaient chercher leurs enfants, ils voyaient le mur. Ils voyaient lequel des enfants, leur cheval est sous le bord du fil d'arrivée, puis lesquels les chevaux restent tout le temps à la ligne de départ. Et il voyait aussi les défis, dont le défi de mon petit William, qui était« Je ne frappe pas. Je règle mes conflits de

SPEAKER_01

façon pacifique.»

SPEAKER_00

Fait que là,

SPEAKER_01

William,

SPEAKER_00

tout le monde savait que son défi, c'était de ne pas frapper. Fait qu'il était vu comme le petit orbénoche qui est violent. Puis, je ne frappe pas. Ce qu'on dit à William, c'est que si tu passes une demi-journée sans frapper, tu mérites une récompense. J'ai un peu de misère avec ça. Et l'enseignante était toute fière de me dire, regarde, j'ai aussi trouvé la formulation positive. Je règle mes conflits de façon pacifique. William, qu'est-ce que régler les conflits de façon pacifique? Mais je ne frappe pas. Ah! Il ne sait pas plus régler ses conflits. Il ne sait pas comment exprimer ses émotions, mettre ses limites. Il a juste compris que régler ses conflits de façon pacifique, c'est ne pas frapper. Le petit cheval à William, il restait tout le temps. Il était stallé au début. William, tous les jours, quand il rentrait dans la classe, il avait la preuve de

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son incompétence.

UNKNOWN

Oui.

SPEAKER_00

Et l'enseignante, voulant le motiver, lui dit« Ouais, ton cheval, là, il doit avoir hâte d'avancer, là. Faudrait peindre peut-être que ton... Ah, fais ça pour bien faire!» En tout cas, bref, je pense que moi, en fait, c'est mon cheval de bataille. Que ce soit pour les parents, pour les intervenants, il faut arrêter d'aller vers des méthodes.

UNKNOWN

Tu sais, puis...

SPEAKER_00

C'est correct qu'on ait des trucs, c'est correct qu'on ait des petites méthodes, mais ça doit s'inscrire à travers une approche qui est plus globale. Il faut surtout travailler le gros bon sens, la réflexion, l'observation, l'analyse, la compréhension.

SPEAKER_01

La

SPEAKER_00

posture. Oui, la posture. Je parle beaucoup de leadership éducatif. Il y a un paquet de nuances. Non, il ne suffit pas de punir et Je peux tellement donner, j'ai huit tonnes d'exemples. L'année, tu as la mode qui est arrivée de dire, on va aller vers des gestes réparateurs au lieu des conséquences.

UNKNOWN

Oui.

SPEAKER_00

À la base, c'est intéressant. Tu te dis, écoute, t'as fait une gaffe, je répare ma gaffe. C'est intéressant. Mais le petit Samantha, là, qui traite tout le monde de tous les noms, qui pousse, qui tire les cheveux, puis qui menace de mort, et qu'à tous les jours, elle a trois, quatre dessins à faire en guise de mesures réparatrices, puis ça vient de s'atteindre, là. Puis elle, elle aime bien ça dessiner, fait qu'elle dit, va chier, ferme ta gueule, je vais te tuer. Ah, tu sais, je vais te faire un dessin. Tiens, voilà Qu'est-ce qu'on est en train d'enseigner à cet enfant-là? Que dans la vie, tu peux faire tout ce qui te passe par la tête. Je sais faire des dessins et ça va être très simple. C'est ça. Moi, j'ai eu un ex comme ça qui me traitait de tout et non, qui m'achetait un bouquet de fleurs après et qui trouvait que c'était bien correct et que je devrais y pardonner et passer à autre chose. Oui, mais non, ce n'est pas de même dans la vraie vie. Fait que... Après ça, on s'est dit, écoute, il faut comprendre c'est quoi le besoin. Fait que là, la petite Samantha, quand on va y promener tout le monde, ben oui, je veux bien qu'on comprenne son besoin ou ses besoins, il doit y en avoir plus

SPEAKER_01

qu'un.

SPEAKER_00

Puis, tu sais, qu'est-ce qui génère? C'est quoi la fonction du comportement? Mais là, c'est devenu que si je comprends que son besoin était de s'affirmer, ben je vais tolérer qu'elle l'ait fait de façon inadéquate. Comme si ça justifiait, puis là... Ben oui. Oui, c'est ça. Au lieu de se servir. Sur la cause. Bref. Ça va pas en s'améliorant parce que la vie de tout le monde étant tellement surchargée Les gens ne prennent plus le temps, n'ont plus le temps de s'arrêter, réfléchir, se remettre en question. Tu sais, puis au-delà de tout ce que je dis là, la meilleure des méthodes ou des techniques, si elle est appliquée avec une attitude de pouette, ça donne un résultat de pouette. Tu sais, si je fais le décompte, Samuel va brasser tes dents, puis il fait de la surdité sélective, puis Samuel, 5, 4, 3, 2, 1, je fais un décompte. Puis... À zéro, je vais peut-être aller le prendre par la main et l'amener, puis l'escorter. Je peux même faire ça en riant, en le chatouillant. Mais écoute, tu n'as pas le choix, c'est l'heure du brossage dedans, puis c'est tout. T'es contre, c'est une bonne intervention. Mais si je l'ai fait que... Samuel, là, je compte 5 cartes et que je vais te le ramasser par le bras et que je le soigne dans la salle de bain, c'est violent pareil. Je le fais avec une attitude de soumission.« Samuel, mon bel amour, ma mère va être obligée de compter. Si je n'aime pas ça compter, 5, 4, s'il te plaît, Samuel.» Si je fais ça, ça ne marchera pas. Si je compte trop vite, Ça ne marche pas. Si je compte trop lentement, ça ne marche pas. Il y a toute la façon de faire aussi. J'aimerais ça dire qu'élever un enfant, c'est comme monter un meuble IKEA. Ça te prend un peu de patience et c'est réglé, mais non, ce n'est pas ça. Il n'y a pas de mode d'emploi. Oui, il y en a des modes d'emploi. Il y en a plein. Oui, c'est ça. Il ne manque plus d'informations de nos jours. Ce n'est plus ça le problème, vraiment. J'en ai plein, c'est une bibliothèque-là, puis j'en ai deux autres, des bibliothèques dans la maison, avec plein de bouquins, puis d'excellents bouquins. Oui, il y en a des modes d'emploi, il y en a plein, mais on n'a pas le temps de les lire, on ne prend pas le temps de

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les

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lire. C'est la petite méthode, le petit truc, le petit truc simple. Qu'est-ce que ça prend aujourd'hui pour être bien dans sa parentalité

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce que j'entends beaucoup, par exemple, être nuancé, prendre le temps. Qu'est-ce que tu proposes, toi, aux parents et aux intervenants pour s'en sortir à travers toutes ces tendances-là, toutes les méthodes, toute l'information? Qu'est-ce qui te semble essentiel? Tu sais... Moi, ce que je trouve le plus essentiel comme parent ou comme intervenant même, c'est la capacité d'observation et d'analyse. justement. Puis c'est correct d'avoir un coffre à outils avec plein de trucs dedans. Mais la capacité de réfléchir, puis de regarder, puis d'observer mon enfant, puis de dire« Ouais, lui avec le tempérament qu'il a, je pense qu'il a besoin de passer un petit peu de temps tout seul, puis que là, dernièrement, on l'a bousculé beaucoup, on a eu beaucoup de visites. Je pense que, tu sais, il aurait peut-être besoin qu'on ralentisse le tempo un peu. Donc, l'observation, l'analyse, le question Ça, pour moi, je pense que c'est ce que je veux le plus développer chez les parents et chez les intervenants, autant pour l'enfant que pour eux, ou même que pour la dynamique familiale. La capacité à prendre la hauteur, prendre un pas de recul. Qu'est-ce qui est en train de se jouer? Qu'est-ce qui est en train de se passer en moi, en lui? Pourquoi ça revient tout le temps à cette histoire-là? Fait que lâchez les petites basouelles de recettes toutes faites. C'est correct qu'on est, j'en donne. Sur ma chaîne YouTube, les gens peuvent en trouver une centaine de petits trucs. Mais c'est un coffre à outils. Je veux dire, j'en ai un coffre à outils dans mon armoire là-bas. Je ne suis pas plus capable de bâtir une armoire pour autant. Les outils, ça sert... à appliquer, mais il faut encore être capable de comprendre c'est quoi le plan. Il y a ça. Comme parent, je trouve ça important aussi, justement, en parlant de plan, qu'on ait un plan. Je m'en vais avec ça. Au-delà de« je veux que mon enfant arrive, qu'on parte à l'heure le matin pour l'école ou la garderie, que je veux qu'il s'habille quand je lui dis de s'habiller», au-delà de« je veux que mon enfant m'écoute», qu'est-ce que je veux lui enseigner

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est quoi les valeurs que je veux lui transmettre

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je m'en vais où avec ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est quoi la vision comme la directrice

UNKNOWN

? Oui, oui.

SPEAKER_00

Et je trouve que d'une manière ou d'une autre, ça prend une base au niveau de la psychologie de l'enfant. Puis de plus en plus de parents l'ont, ça, mais il faut être capable de comprendre qu'est-ce que je peux attendre d'un enfant de 3 ans versus ce que je peux attendre d'un enfant de 6 ans. Puis tu sais, dans l'espèce de généralisation que je reproche présentement, souvent, on dit« les enfants», ont un cerveau immature et les enfants ne sont pas capables de maîtriser leurs émotions. OK? Faites un peu, là. On peut-tu avoir en tête que, bien, premièrement, il y a une différence entre les émotions et les réactions émotionnelles? Moi-même, comme adulte, je ne maîtrise pas tout le temps mes émotions, mais les émotions, effectivement, ça monte et tout ça. Puis plus l'enfant est petit, plus c'est vrai. Mais les réactions émotionnelles, c'est deux choses. Mais c'est vrai qu'à deux ans, l'enfant, son autocontrôle dans son cerveau n'est pas fonctionnel bien, bien. Il se jette par terre, il se jette des affaires au bout de ses bras, puis qu'il vienne me donner des tapes en disant« T'es laide, tu pues». Effectivement, c'est tout à fait normal. Son cerveau étant très immature, ça fait partie de la game. Je vais quand même lui enseigner à ne pas le faire. Je vais quand même lui dire que ce n'est pas permis. Mon enfant n'est pas défectueux pour autant. C'est important que je le sache qu'il n'est pas défectueux pour ne pas être en panique. Maintenant, quand mon enfant est rendu à 7 ans, son cerveau est encore immature. Il va être immature jusqu'à 25 ans d'ailleurs. Mais il est plus mature qu'à 2 ans. Puis à 7 ans, ça se peut qu'il soit encore vite envahi par les émotions, mais là, il y a des mots pour les nommer, ces émotions. Puis là, il est capable de comprendre que non, je ne te permets pas de vomir tes émotions sur tout le monde, puis que quand ça ne va pas, tu vas te retirer, puis tu vas prendre soin de toi, puis relaxer un petit peu. Puis l'enfant de 7 ans, il sait que c'est interdit de frapper, d'insulter, puis de lancer des objets. Puis, bien, ça se peut que des fois, quand même, quand les émotions l'envahissent d'un coup, ça se peut que ça arrive encore. Mais c'est beaucoup moins normal qu'à deux ans. Alors, ça se peut par contre que si mon enfant, dans une réaction émotionnelle, dans un débordement émotionnel, lance des choses, frappe, insulte, ça va être correct qu'il y ait des sanctions. Je ne vais pas en donner à l'enfant de 2 ans, mais à 7 ans, même si je sais que c'est encore un peu normal, ça va être important qu'il y ait des sanctions. Je vais quand même l'aider à trouver des alternatives au coup et tout ça, puis l'aider à s'entraîner, à développer l'habitude d'exprimer ses émotions d'une façon qui est appropriée. Mais oui, je vais donner des sanctions. Les sanctions qui vont être aidantes pour lui aussi, puis qui vont être logiques dans le sens où on ne va pas nécessairement l'empêcher de jouer sur sa tablette parce qu'il y a eu un débordement. À moins que la tablette ait un lien avec la situation, on s'entend, bien sûr, mais je veux dire... Mais tu sais, j'aime bien autant que possible

SPEAKER_01

aussi dans ma phrase.

SPEAKER_00

Parce que effectivement, les conséquences logiques amène beaucoup plus d'apprentissage qu'une punition qui ne serait pas logique. Mais encore une fois, je n'ai vu aucun enfant faire trois ans de thérapie parce qu'à l'âge de huit ans, son parent a donné une conséquence pas tout à fait logique. Oui, et il y a peut-être une différence aussi dans la fréquence. De temps en temps, on ne sait pas trop, on utilise ça comme ressource, comme outil, mais ce n'est pas le seul mode d'intervention ou de communication qu'on a avec l'enfant, j'imagine. Oui, c'est ça. Si les parents sont tout le temps incohérents, bien oui, ça va être quelque part. Mais qu'à un moment donné où la conséquence que j'ai appliquée n'était pas tout à fait cohérente avec l'action, bien, il vaut mieux ça que, moi, je vois beaucoup de parents qui font, j'en dis, puisque je n'ai pas de conséquences logiques. Ça fait qu'ils n'en donnent pas. Ils n'en donnent pas. C'est ça, oui. Là, l'enfant, il n'a pas de limite. Puis, à quelque part, ce n'est pas tout le temps grave non plus, puisque les enfants n'ont pas tout le temps besoin d'avoir des conséquences. Mais, tu sais, si j'ai Justin qui, régulièrement, rendu à l'âge de 8-9 ans, quand il est frustré, il agresse, il lance des objets, puis il envoie des insultes et qui n'a jamais de conséquences, bien, à un moment donné, il a l'impression qu'il n'y a pas de résultat. Parce que le mot conséquence, dans le fond, c'est le résultat logique normal d'une action. Mais dans la vraie vie, Justin, s'il s'en va dans une couple d'années au dépanneur et qu'il insulte le monsieur, il va avoir des conséquences à ça. Il va se faire mettre dehors. S'il insulte le chauffeur d'un taxi, le taxi ne va pas le reconduire. Oui, je trouve ça important, puis des fois, c'est plate à dire, mais des fois, si l'enfant n'a aucun malaise de relier à son comportement, il ne fera peut-être pas nécessairement l'effort de le changer. Mais les conséquences à elle seule, c'est vrai que ce n'est pas suffisant pour faire changer les comportements. Tu sais, mon beau-père, je l'ai appelé Justin, lui. Justin, tu sais, si je n'ai pas enseigné le vocabulaire des émotions, si je ne l'ai pas aidé à voir qu'est-ce qui peut faire pour se réguler quand il est envahi par les émotions. Si je n'ai pas appris à différer sa réaction, tu es fâché, il y a quelque chose qui se passe, va te calmer le pompon puis viens le régler après. Si je ne l'ai pas accompagné à entraîner là-dedans, si je n'ai pas enseigné la seule affirmation de soi de« Hey, je ne suis pas content, c'est un bon jeu.» Je n'ai pas donné des outils. Effectivement, j'aurais beau le sanctionner de mettre ta genou dans le coin des bras en croix, ça ne marchera pas. Il va continuer de péter des fios. Mais si je fais juste lui enseigner des stratégies de belles expressions des émotions, mais qui n'ont jamais d'inconvénients à exploser ces émotions, ça se pourrait qu'ils continuent de les exploser parce que c'est pas mal plus agréable d'exploser nos émotions et de les vomir sur tout le monde que de se mettre un petit frein. Oui, parce que ça enlève du sens aussi à la situation, dans le sens si je pose des gestes et qu'on me dit comment je dois le faire, mais que je ne sais pas pourquoi ou qu'est-ce que ça ferait, dans quel but, c'est comme ça part de son sens. Oui, tout à fait. Oui, c'est ça. Je trouve que c'est à la fois plus simple que ça en a l'air d'élever des enfants, mais c'est aussi plus complexe. Oui, je pense que ça prend du recul, de l'observation, de la réflexion, mais ça prend un peu de formation ou de la lecture. Il faut avoir des bases au niveau de... Des fois, les gens me disent« Nancy, élever des enfants, nos grands-parents le faisaient.» à grands coups de cuillère de bois ses fesses. Ma grand-mère, je ne pense pas qu'elle s'occupait beaucoup des besoins de ses enfants. Je ne pense pas qu'elle leur ait appris à exprimer sainement leurs émotions. Moi, j'espère à mieux, mes enfants. Il y avait aussi la ceinture. Tant que ton père arrive, les coups de ceinture, ses fesses. Moi, vraiment, non. Ce n'est pas la méthode qui m'intéresse présentement. Je ne pense pas que... que les gens de cette époque-là avaient une super belle relation avec leurs parents. Il y en a qui disaient« Ah, bien moi, je n'avais pas peur de mon père, puis je l'écoutais.

UNKNOWN

»

SPEAKER_00

Tu te sentais-tu en sécurité avec ton père? Non? Moi, il me reste ça que

SPEAKER_01

les miens se sentent

SPEAKER_00

en sécurité avec moi. Je trouve ça cool, le lien que j'ai avec mes enfants, que j'ai avec mes adultes maintenant. Je suis trop contente de ne pas avoir fait ça dessus. Je trouve ça le fun dans nos relations présentes. J'ai fait des choses trop corrosives. Mais non, ce n'est pas si naturel que ça. On fabrique des humains. Ce n'est pas banal. Ça prend un cours pour conduire une voiture. Si je m'achète un cheval, je vais prendre un cours d'équitation. Si je veux devenir coiffeur, je vais faire un cours de coiffeur. Ma foi, je fabrique un enfant. Je fabrique un humain. On s'entend, c'est une... Bien sûr. L'élève est en On ne les fabrique pas, on s'entend, je comprends. Mais tu sais, j'élève un humain, puis ce que je fais ici maintenant va avoir une importance sur tout son développement. Il ne faut pas que je sois anxieuse et que je marche sur des oeufs à temps plein, mais il faut quand même que je sois consciente que... que j'ai une mission à faire auprès d'un enfant, puis ma mission, elle dépasse. Il m'écoute ici maintenant, puis il mange encore trois bouchées dans son assiette de spaghettis. C'est quand même... Il y a beaucoup de choses à enseigner aux enfants. Il faut être un petit peu plus dans la conscience, je trouve. Oui, vraiment. Puis là, on pourrait... conclure bientôt. On dirait que j'aurais encore plein de questions et plein de thématiques que je voudrais aborder parce que j'entends ça. En ce moment, on entend de plus en plus parler aussi de parentalité, de performance ou de parents anxieux, justement. Il y en a qui sur-analysent, qui sur-observent. En tout cas, C'est ça, je pense qu'il y en a rien. L'équilibre aussi, effectivement, on ne peut pas tomber dans l'excès inverse non plus, puis devenir trop anxieux ou perfectionniste, mais c'est vrai que de nos jours, je le dis souvent, je trouve que de nos jours, c'est souvent nos enfants, c'est notre bulletin de parents. Mon enfant se conduit bien, je dois être un bon parent. Mon enfant s'est corrélé avec le voisin, puis il a dit une énormité, et qu'est-ce que j'ai fait de travers? Si je suis anxieuse, ça va transporter Ça reste sur mon enfant aussi. Mais je pense néanmoins que de prendre le temps de se former, de prendre le temps de lire, de voir aussi... Tu sais, j'aime beaucoup dire,« Hey, on a 18 ans pour élever un enfant. 24, c'est un garçon.

UNKNOWN

»

SPEAKER_00

Mais quand même, même si je perçois ça à long terme, même si je prends conscience que je ne bousille pas mon enfant la journée où je lève un peloton et que je n'ai pas fait l'intervention parfaite, ça vaut quand même la peine qu'on prenne du recul, qu'on s'informe, qu'on lise,

SPEAKER_01

qu'on…

SPEAKER_00

qu'on comprenne un petit peu le fonctionnement du cerveau, le développement psycho-affectif de l'enfant et qu'on se trouve un petit peu plus dans la conscience de ce qu'on fait. Pas dans la performance, comme tu disais, pas dans le stress, mais quand même être conscient. Oui, puis je pense qu'au final, tout ça, ça permet plus de légèreté aussi dans la parentalité, du plaisir, du temps pour vivre la vie de famille, tu sais. tout ça, puis de voir les enfants, autant les enfants qui s'épanouissent que les parents qui s'épanouissent aussi. C'est tout possible, cette réalité-là. C'est pas obligé d'être difficile. Exact. Oui, effectivement. Plus je suis solide dans ce que je fais, parce que je sais pas mal où je m'en vais, puis je choisis tel type. Il y a plein d'approches en parentalité, puis Il y en a beaucoup de bonnes. Je veux dire, qui ne sont pas la mienne, mais qui sont bonnes pareil. À bout de ligne, ça va s'équivaloir à l'autre bout pour la plupart. Choisis ce qui me parle. Choisis ce dans quoi je me sens confortable. Puis regarde, on s'en va par là. Puis on l'applique. Puis si à un moment donné, je trouve que finalement, je ne suis plus confortable avec ça ou le résultat, ça ne donne pas ce que je veux, je vais aller me former. Je vais aller me former sur autre chose. Ça, peut-être que ça va me parler davantage. Puis c'est correct. C'est correct. Merci Nancy d'avoir pris le temps d'échanger avec moi. Donc toi, tu as le 23 et le 26 avril des webinaires gratuits sur l'opposition. Oui, les troubles de comportement. Et les troubles de comportement. Tantôt, on parlait un petit peu de mon CV. Moi, j'ai travaillé plusieurs années en centre jeunesse avec les adolescents en troubles de comportement sévères. J'ai travaillé en milieu scolaire, primaire et secondaire, là aussi tout le temps avec des enfants en troubles de comportement. En CLSC, j'ai travaillé là sept ans, puis c'était aussi surtout avec les parents qui avaient des difficultés avec leurs enfants. Je me suis spécialisée à travers les années sur les troubles de comportement, les troubles de la TDH aussi, mais surtout les enfants qui ont des cohortes, c'est mes préférés. Je me suis spécialisée là-dedans et on a un programme qui, ma foi, fait des petits miracles que ça faisait longtemps que je voulais monter. Là, on va être à notre quatrième cohorte, un programme qui s'appelle SOS Opposition, qui est destiné aux intervenants qui veulent aller chercher des outils sur l'opposition, mais principalement aux parents qui vivent au quotidien avec un enfant qui qu'il y a des troubles de comportement. Puis là, on parle d'enfants de 6 ans et plus. 6 à 18. Moi, 0 à 5 ans, l'opposition, c'est normal. Ça fait partie de la game. Il y a des enfants qui sont plus opposants que d'autres. Pour moi, j'ai une formation qui s'appelle le syndrome de spirit pour les enfants qui sont plus de la crène de tête de mule. Mais quand, après six ans, j'ai des enfants qui ont régulièrement des gestes de violence, des explosions de colère, mais démesurées, des enfants que quand, peu importe la consigne qu'on leur donne, c'est énormément d'argumentation, refus de collaborer. Tu sais, l'enfant, à trois soirs, il faut qu'il prenne sa douche. Il est rendu à 11 ans. Il faut qu'il prenne sa douche à trois soirs, mais à trois soirs, il faut que je me batte avec pour qu'il aille dans la douche. Quand, à l'école, c'est difficile, les... Les sanctions s'accumulent, on se fait appeler par l'école pour aller chercher notre jeune qui a viré une classe à l'envers, puis tout ça. Ça, c'est ma spécialité à moi. Et le programme SOS Opposition est destiné à ces parents-là. Et dans le cadre du lancement de ce programme-là, on offre trois webinaires gratuits de contenu. C'est un peu une formule dégustation, mais quand même, c'est plus que de la dégustation. Quand même, c'est trois webinaires d'à peu près une heure et demie, je suis d'accord. Un premier, le vin, où on se parle de c'est quoi les causes? Qu'est-ce qui fait qu'un enfant s'oppose plus que l'autre? Donc, comprendre entre autres la différence entre l'opposition et les troubles de l'opposition. Puis, c'est quoi les enjeux qu'il y a derrière l'opposition? Deuxième, c'est quoi les styles parentaux ou les interventions parentales qui ont tendance à alimenter l'opposition puis lesquelles vont peut-être faire diminuer l'opposition. Et notre troisième, là, on va vers un petit peu plus des trucs, des stratégies, mais encore une fois dans une perspective nuancée de comprendre que certaines stratégies peuvent être intéressantes dans certains moments et pas dans l'autre. Donc, moi, le programme SOS Opposition, ce n'est pas une méthode. Oui, c'est une démarche en six étapes, mais c'est pas appliquer la méthode, puis ça va régler le problème. Je veux apprendre aux parents à comprendre ce qui se joue chez eux, les besoins de leur enfant, qu'est-ce qu'il y a à travailler derrière, y a-t-il de l'anxiété, y a-t-il un problème relationnel, y a-t-il un problème de perception de soi, on va travailler sur les causes et sur les comportements. Bref, c'est un peu ça. Excellent. On va partager lors de la diffusion le lien pour s'inscrire, pour ceux qui sont intéressés avec toutes les informations. Exact. Donc, c'est gratuit, ça vaut le coup, fait que les gens soient intéressés ou pas au programme par la suite. Le contenu gratuit va déjà donner énormément d'informations sur la position. Excellent. Merci beaucoup, Nancy. Avec plaisir, Eve-Marie.

UNKNOWN

À la prochaine. À la prochaine. Bye. Musique Musique

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