Parent Sur Mesure
Parent sur mesure c’est un espace d’échanges entre des parents et des professionnel.les sur la parentalité. C’est enregistré chez moi pour plus de chaleur et de convivialité. L’objectif est de proposer une vision équilibrée de la parentalité entre information et instinct pour que chacun puisse trouver son X et mieux apprécier ce rôle complexe.
Parent Sur Mesure
Coparentalité après séparation: faire équipe pour les enfants
Use Left/Right to seek, Home/End to jump to start or end. Hold shift to jump forward or backward.
Dans cet épisode de Parent Sur Mesure, Ève-Marie Lemieux-Maillé reçoit Marido Billequey — maman, enseignante au secondaire, autrice du livre Fusibles en microdoses et fondatrice des soirées Littérature et autres niaiseries.
Ensemble, on plonge dans une réalité complexe et profondément humaine :
celle de la séparation, de la famille recomposée et de la coparentalité après la rupture.
On parle de ce que ça demande, vraiment, de continuer à faire équipe… même quand l’amour a changé de forme.
Dans cet épisode, on aborde :
• Les deuils
• L’importance d’une bonne entente entre les parents — pour les enfants, mais aussi pour soi
• La coparentalité comme équipe
• L’humilité
• L’empathie comme pont entre deux réalités différentes
• Passer d’une vision de famille “unie” à une vision de communauté autour de l’enfant
• Ce qui soutient quand c’est difficile
• Et comment, malgré tout, créer un environnement sécurisant et cohérent pour les enfants
Un épisode lucide, vrai et apaisant. Parce que même quand la famille change de forme, elle peut encore être un lieu de respect, de collaboration… et de douceur.
Pour découvrir Marido Billequey
Livre : Fusibles en microdoses
Soirées : Littérature et autres niaiseries
Pour me contacter
Appel découverte gratuit : https://evemarielemieuxmaille.com/
Page Facebook : https://www.facebook.com/evemarie.coaching.parent
Musique
SPEAKER_00Bonjour tout le monde. Aujourd'hui, je reçois une maman qui est peut-être plus connue dans le domaine littéraire. Elle est enseignante de français au secondaire. Elle est fondatrice, conceptrice et animatrice des soirées littéraires à Sherbrooke, littérature et autres niaiseries. Mais aujourd'hui, je la reçois pour parler de parentalité. J'ai avec moi Marie Dobliké. Merci Marie d'avoir... Merci de l'invitation. Comme je te disais, avant qu'on débute... J'aime bien me garder. Ça fait un moment qu'on a discuté ensemble. Je ne sais pas tout d'avance de ce que tu nous partageras aujourd'hui. Mon intérêt était réel, était sincère. Comme je t'ai dit lors de l'invitation, je m'imagine que la créativité doit aussi faire partie de ta parentalité. C'est pour ça que je voulais te recevoir aujourd'hui, pour inspirer d'autres parents à faire du sur-mesure. Oui, bien, il y a beaucoup de surmesures possibles. C'est l'infini. Il y a tellement de possibilités, puis en même temps, c'est tellement d'improvisations. Là, vos enfants sont rendus à... 13 et 11 ans. Ça fait combien de temps que vous êtes séparés, le père et toi? On s'est séparés quand le plus jeune avait 6 mois. J'étais encore en congé de maternité à ce moment-là. On s'est séparés. Évidemment, on ne prévoit pas une rupture. C'est toujours un choc. C'est toujours un effondrement. C'est une perte de repère totale. C'est comme... Il faut vivre les catacombes avant de se réinventer et de voir comment on organise cette histoire-là. Ma fille avait deux ans et mon fils six mois, à peu près. Comment tu as vécu cette séparation-là au départ? Qu'est-ce qui t'a supportée dans ce choc-là? En fait, ça a été... vraiment un vide terrible, brutal, comme je disais, soudain. Parce que dans la même semaine, mon père est décédé d'une crise cardiaque. Puis, dans le fond, mes parents habitaient à côté de chez moi, en dessous de chez moi. Donc, on était proches de mes parents. Puis donc, en une semaine, c'est comme si les gars n'étaient plus là. Donc, je me suis retrouvée avec ma mère. Toutes les deux à vivre une forme de deuil, un deuil très fort. Bon, c'est sûr que le père de mes enfants était toujours en vie, mais elle, le père de ses enfants, ne l'était plus. Donc, rapidement, on s'est rapprochés. On était toujours chez moi. On essaie de se relever. Ma mère, c'est une grande optimiste. C'est une personne qui brille, qui a les yeux toujours pleins d'espoir. Ça fait que... dans toute cette adversité-là, c'est grâce à elle, en fait, que je pense que j'ai gardé le cap. C'est ma mère, en fait. C'est cette espèce de lègue-là que j'aimerais pouvoir transmettre à mes enfants. C'est-à-dire que dans... Tu sais, on ne fait que vivre. On vit des belles et grandes choses, mais on vit aussi beaucoup de déceptions dans la vie. On a de la tristesse. Ça fait partie du fait d'être vivant. Puis ce que ma mère m'a... À ce moment-là de ma vie, en tout cas, m'a a démontré, c'est qu'on se relève. On se relève ensemble. C'est dur de se relever seule, mais avec une fraternité. Bref, rapidement, on s'est retrouvés toutes les deux. Moi, dans ma rupture, j'avais évidemment des choses à apprendre là-dedans. J'avais des choses à nommer. J'avais une rage aussi, bien sûr, comme toutes les ruptures. J'avais une incompréhension, etc. Mais j'ai eu envie rapidement que cette histoire-là soit belle, en fait, pour mes enfants. Je voulais pas, je trouvais ça trop désolant, voire même cliché que d'être un couple qui se sépare et qui se déteste. Surtout que j'avais fait deux enfants avec ce gars-là. C'est quelqu'un que j'apprécie immensément. Rapidement, ça a pris peut-être un six mois pour que je réfléchisse et que je me dise« Non, je veux prendre le contrôle de ce narratif-là et je veux que ça soit la plus belle rupture du monde pour mes enfants.
UNKNOWN»
SPEAKER_00Tu sais, fait que oui, il a fallu que je mette mon cœur brisé un peu. Je me disais, je le mets de côté, mais en fait, non, parce que en voulant que cette histoire-là soit belle, ça a complètement réparé mon cœur. Ça a fait que ça va être encore plus beau que si on était restés ensemble, en fait. Fait qu'il est venu, il a déménagé au-dessus. Fait que ça, c'était super, parce que là, les enfants allaient d'un appartement à l'autre. On est devenus une équipe. On s'est dit, on va devenir les meilleurs amis possibles, tu sais. Puis aujourd'hui, bien, c'est mon frère, là, tu sais. C'est vraiment mon grand allié. Mais il a fallu qu'on passe par-dessus une certaine forme de tristesse. Parce que de son côté comme de mon côté, quand tu bâtis une famille, tu construis, tu es dans la créativité, tu n'es pas dans la destruction. Cette destruction-là te choque. Mais finalement, la destruction, elle a été salvatrice. Oui. Parce qu'on voulait sortir du modèle, surtout, de deux personnes qui n'ont pas réussi leur amour, leur couple amoureux, puis qui, nécessairement, ça devient cacophonique, on s'arrache les enfants, on s'arrache les frigos. Non, on dirait que les deux, on s'est sortis de ça, on s'est regardés devant le désastre, puis on s'est dit« OK». Il faut qu'on soit ensemble là-dedans. Il faut qu'on se fasse confiance. Il a fallu que les deux... Toi, tu l'as senti pour toi, ce désir-là. Il a fallu quand même aussi que l'autre... Dans le fond, vous avez eu tous les deux ce même désir-là. J'imagine que c'est ça qui fait en sorte que ça a fonctionné. Oui. Quand les enfants sont jeunes, je ne sais pas si... Moi, c'est comme ça. Je vivais aussi une forme de détresse. Je ne suis pas quelqu'un qui était bon à avec les enfants, tu sais, des enfants jeunes. Oui, j'enseigne au secondaire, mais c'est pas pour rien, j'enseigne en secondaire 5. Les jeunes, jeunes enfants, je suis pas celle qui va aller jouer avec les enfants. Je suis pas celle qui va triper sur les enfants qui crouent dans la rue. Tu sais, j'avais pas cette... Je sais pas, cette sensibilité-là ou cet attrait-là pour l'enfance. Pour la petite enfance. Ah oui, non, c'est ça. C'était plus, pour moi, je voyais ça lourd, là, tu sais, comme... Je trouvais mignon, mais mes enfants à moi, bien sûr. Mais ma mère était là aussi beaucoup pour m'aider. Mais tu sais, j'ai vu que lui aussi, dans son regard, il avait une forme de détresse. Qu'est-ce qu'on fait avec de jeunes enfants comme ça? Ils pleurent, tu sais pas pourquoi. Tu sais, t'es comme en genre de semi-noyade. Tu gardes la tête hors de l'eau, mais je pense qu'on s'est sauvés ensemble. Aussi, là-dedans, à un moment donné, ils pouvaient m'appeler, même si c'est pas moi qui avais les enfants, puis me dire, Gaëlle, il y a un an, il pleure, je sais plus quoi faire. Bien, tu sais, j'y allais, là, tu sais, parce que je ressentais qu'ils vivaient une forme de détresse aussi. Puis donc, dans la détresse aussi, on s'est retrouvés. Moi, je vois beaucoup d'humilité. Il y a la détresse, mais ça prend beaucoup d'humilité aussi pour dire« Hey, là, j'ai vu quelque chose de difficile, mais je vais mettre mon égo de côté, puis je vais me rallier ou je vais voir qu'est-ce que je peux faire pour le mieux-être de nos enfants.» Puis de se dire que notre ex, dans le fond, c'est la meilleure personne pour nous aider, pour que justement, ça se se cristallise, cette affaire-là. C'est sûr que moi, c'est arrivé... Je me tournais vers ma mère, je me tournais vers des amis. Raphaël, le papa, même chose. Il pouvait se tourner vers des gens autour de lui pour l'aider. Mais je pense que chaque fois qu'on se rassemblait dans les épreuves, post-rupture, ça nous a vraiment rassemblés. Beaucoup, ça nous a... C'est ça. Ça nous a donné... Ça a recréé une nouvelle relation qu'on aurait probablement vécue si on avait été ensemble aussi. Les parents, ça s'échange, ça s'imbrique dans le soin apporté aux enfants. Pas tout le temps. Mais là, le fait qu'on soit séparés aussi, c'est que tout devenait à 50-50 tout d'un coup. Des fois, dans les couples, il y a une charge qui est différente et je ne veux même pas la genrer, cette charge-là, parce que ça dépend vraiment. Mais ça une dynamique de couple qui s'installe. Des fois, ça semble vraiment qu'on s'en rende compte. Même si on veut l'éviter, des fois, la dynamique s'installe de toute façon. Mais quand t'es séparée, c'est un truc intéressant. L'idée que là, c'est toi. Puis quand ils sont chez moi, c'est moi. Je suis là s'il y a quelque chose. Mais ça déborde plus dans le couple, justement. C'est comme... C'était des choses plus claires. Ça invite à se responsabiliser chacun, parce qu'on n'a pas le choix, dans le fond, en quelque sorte. Puis de se rendre compte de la valeur de l'autre. Oui. Quand tu n'es pas là. Je me rappelle que tout d'un coup, je me disais, Raphaël, il doit se dire, OK, elle était... C'était quand même fou ce qu'elle faisait, tout ce qu'elle faisait. Il l'avait peut-être oublié. Moi, même chose. Tout d'un coup, il était plus là. OK, il faisait ça, je l'avais oublié. Ça nous a réconciliés avec notre propre histoire. Je pense que les enfants ressentent quand les parents ne se sont pas réconciliés avec leur histoire, avec leur rupture. Absolument. Ça plane. Ça plane au-dessus de la famille. Quand c'est pas nommé, je pense que les enfants ressentent, ils manifestent des choses. mais ce n'est pas tout le temps clair d'où ça vient. Là, par la suite, vous avez rencontré chacun, vous avez quelqu'un dans votre vie maintenant. Je ne sais pas du côté du papa s'il y a d'autres enfants. En tout cas, toi, tu as vécu ou tu vis, en tout cas, dis-nous donc ce que tu as fait. Là, ce qui s'est passé, il y a quand même eu du temps qui s'est passé qui s'est passé. Puis finalement, j'ai rencontré quelqu'un. Et là, cette personne-là a trois enfants adolescents à ce moment-là. Moi, les miens sont au primaire. Et là, au bout d'un moment de la relation, vient la question, est-ce qu'on déménage ensemble? Puis moi, je vivais avec ma mère en plus. Moi, j'avais deux jeunes enfants puis ma mère. Puis lui avait trois adolescents. Donc là, OK, comment on va faire pour trouver une maison pour que tout le monde s'entende bien? Dans une une famille reconstituée, c'est une autre paire de manches. Parce que jusqu'où tu vas, jusqu'où tu veux reproduire un modèle qui est peut-être un peu défaillant, cette idée de famille reconstituée.
UNKNOWNEuh...
SPEAKER_00Je ne sais pas, je pense que c'est plus une communauté qu'on a créée. Mais au début, quand on a trouvé cette fameuse maison, parce que si on ne trouvait pas la maison, on ne déménageait pas ensemble. Si on ne trouvait pas la maison, où tout le monde allait avoir son espace, parce que c'est délicat, il y a beaucoup d'humains en jeu, puis il y a beaucoup de sensibilité, puis il y a beaucoup de limites qu'il faut respecter, puis ce n'est pas évident. Donc, en voulant bien faire les choses, on a trouvé cette fameuse maison-là, toute Ça allait bien, lune de miel. Mais là, tu as beaucoup de travail à faire sur toi-même parce que tu as ce rêve de famille qui est tout le temps là. Reproduire une genre de famille nucléaire. Mais même si tu es avant-gardiste, artiste, créatif, on dirait que ça s'est programmé. Même si tu le rejettes, il te revient quand même tout le temps dans la tête. Au départ, on a eu des années difficiles parce que justement, on n'était pas une famille,
SPEAKER_01tu
SPEAKER_00sais. Puis peut-être même qu'on ne le serait jamais, une famille. Je pense qu'on va savoir qu'on est devenu une famille bien plus tard. Au départ, ça a été des petits effondrements comme ça de« OK, non, moi, je vais...» Puis les fois où j'ai voulu intervenir envers ses enfants, ça ne s'est pas bien passé. Puis les fois où il a voulu intervenir sur les miens, ça ne s'est pas vraiment bien passé. Peut-être que ça aurait été la même chose s'il avait été le papa. Je n'aurais pas nécessairement été d'accord avec sa manière d'intervenir. Ça se peut. C'est juste que là, chacun avait son petit royaume. Puis là, on mélange ça. Là, ça coince. Fait que le jour où j'ai lu que, dans le fond, pas besoin de vouloir atteindre cette affaire-là, juste être une communauté, on est des colocs. Je suis là, les enfants savent que je suis là. Les miens savent qu'il est là. On s'entraide, mais c'est pas vrai qu'au début, on voulait faire des soupers, souper ensemble, les sept. C'était l'horreur. C'était tellement pas agréable. C'était pas naturel. C'était comme... C'était complètement artificiel. Eux autres, ils passaient... Ça faisait des années qu'ils étaient tous seuls avec leur père. Puis moi, les miens, ils avaient maman puis mamie. Pour eux, on était toujours tous les quatre. Fait que là, tu te dis, tout d'un coup, on va devenir un tout. C'est impossible. Moi, je suis tellement contente que tu parles de ça. parce que je pense que c'est quelque chose dont on doit parler plus. Moi, ça fait partie de mon approche quand j'accompagne les parents. Au lieu de vouloir tout de suite vouloir être une famille unie, puis forcer les choses, forcer les liens, forcer la forme, juste reconnaître ce qui est, on dirait que ça fait toute la différence. Au lieu de faire semblant, au lieu que Même au niveau des rôles, la nouvelle personne qui est là, ce n'est pas ton père. On part de là. On ne peut pas s'attendre qu'un parent, tout d'un coup, agisse comme si c'était la maman, comme si c'était le papa, ou comme si c'était ton frère ou ta soeur. Ce n'est pas ça. on part de là. On ne peut pas faire comme si on était une famille. Si on le devient, ça sera le résultat de choix éclairés, de... de choix de relations. Ça ne sera jamais l'image de la famille qu'on pensait avoir. On va devenir une famille. Plus ça va, ça fait quand même 5-6 ans qu'on habite ensemble. Tranquillement. Je ne pense pas jamais qu'on va atteindre ce modèle-là que je m'étais, malgré moi, mis en tête. Mais on va atteindre quelque chose qui peut-être va être encore mieux, en fait, possiblement, parce que sinon, on performe. On performait. Les premières années, on performait quelque chose. Donc moi, je savais pas, c'était quoi mon rôle? Je veux dire, je suis la belle-mère? Non. J'aime pas ça. En plus, l'image de la belle-mère, je l'aime pas. Je veux dire, c'est sûr qu'on dit que les films ou les dessins animés ont tout inventé ou nous ont mis ça dans la tête ou bien c'est parti du réel pour créer une fiction. Je le sais pas. Qu'est-ce qui est venu avant? Mais je pense que c'est la fiction qui nous a mis ça dans la tête, mais je le sais pas. Mais c'est sûr que eux autres, je suis devenue l'interprète Au départ, elles sont toutes contentes. Au départ, ça va. Puis là, peu à peu, je suis l'intruse. Mais là, le problème, c'est que je suis l'intruse dans ma maison. Puis même chose pour mon chum. Là aussi, je suis en train de niaiser avec mes deux enfants. Il veut venir, mais il ne veut pas briser le moment. Puis là, moi, je vais lui laisser de la place pour qu'il vienne. avec mes enfants, mais forcément, ça brise notre fusion d'une certaine façon. En tout cas, c'est comme tu jongles avec plein d'affaires et tu te mets beaucoup de pression pour que ça fonctionne. J'ai dit non, je ne veux pas être la belle-mère de toute façon, puis le beau-père non plus. On est des personnes. On vit ensemble. Je ne serais pas simple. Moi, ces enfants étaient plus vieux aussi. Je me disais, moi, j'enseigne à cette tranche d'âge-là depuis 20 ans. Je sais exactement quoi faire, mais là, ce n'est pas pareil du tout. Eux autres, pour eux, je ne suis pas leur prof qui les a séduits ou qui représente, je ne sais pas, moi, une inspiration. Non, non, je suis la blonde de leur père. Je suis mari, je suis mari d'eau. Mais le filtre, il est là. Tu fais semblant en espérant qu'à un moment donné, tu n'auras plus à faire semblant et que ça va devenir naturel. Mais non, c'est long. C'est long. C'est comme de recréer du lien avec chaque personne. C'est différent parce que tout le monde est différent. Plus il y a de monde sous un toit, plus tu dois voir comment chacun s'adapte à l'autre, quel type de relation ça va prendre, va-t-il y avoir une complicité ou non, comment le respect va... En tant que parent, tu regardes comment tes enfants le vivent eux autres aussi. J'ai moi, mes relations avec ses enfants puis mon chum. Mais je regarde aussi mon fils, c'est quoi sa relation avec mon chum? C'est quoi sa relation avec les trois enfants de mon chum? Ma fille, même affaire. Fait qu'on dirait que je vis aussi leur vie. Parce qu'ils étaient jeunes, mais là, c'était rendu trop. Parce que là, j'étais triste parce que, je sais pas, moi, la plus vieille était plus adolescente. Fait que elle, ça tentait pas de jouer avec la petite fille. Au début, oui, mais à un moment donné, elle parlait pas vraiment. Puis elle était dans sa crise d'adolescence. Fait que là, j'étais triste parce que ma fille était comme mais elle attendait juste ça, d'avoir de l'attention, puis elle ne l'avait pas. Mon fils, même à faille, c'est le plus jeune, il était comme plus en admiration, mais là, ils n'avaient pas le retour. Puis après, tu regardes par la fenêtre de ta maison, puis de l'autre côté, il y a une maison. que là aussi, c'est une famille reconstituée. Puis ça donne qu'on les voit toujours souper ensemble. Puis là, derrière cette espèce de vitre-là, on dirait que tu regardes un film où là, ça semble être magnifique. Ça semble... Tout est beau. Puis toi, tu te dis, moi, dans ma maison, à moi, c'est... Ça coince beaucoup, beaucoup, là, tu sais. Fait que là, tu regardes, t'es dans l'envie, puis là, ça te génère une tristesse, une frustration. Mais en fait, c'est ça, c'est que là, je me rends compte que, à un moment donné, ça évolue. Ça change. Puis là, tu vois, là, c'est plus pareil. Là, je suis comme bien. chez moi, mais il a vraiment fallu laisser le temps de faire sa job. Vraiment. Puis de vous donner le droit que ça soit différent et que ça soit correct. La première fois que mon chum m'a dit« On n'est pas une famille», j'ai pleuré. Il m'a dit ça peut-être la première année, deuxième année qu'on habite ensemble. Puis moi, j'étais comme, mais il avait
SPEAKER_01raison.
SPEAKER_00C'est juste parce qu'il avait raison. Puis là, maintenant, quand moi, je lui dis, quand je dis devant les gens, on n'est pas une famille, on est une communauté. Là, c'est lui qui dit, mais on commence quand même à être un peu une famille quand même. Fait que là, il y a comme un... Je ne sais pas exactement on est quoi, mais on est ça. J'adore ça. Je trouve que ça enlève de la pression. En tout cas, je m'imagine être un parent qui écoutent en ce moment. Je trouve que ça enlève de la pression de devoir correspondre à quelque chose. Parce que des fois, je peux imaginer... Il y en a des familles qui se choisissent et que c'est harmonieux parce qu'on dirait que ça coule ou ça donne que tout le monde, c'est ça qu'ils veulent. Peu importe. Je ne sais pas. Ça doit arriver ça aussi. Oui, c'est ça. Il y a tellement de formules différentes. Puis je pense, tu sais, comme des fois, ça vient répondre à des besoins. Je pense à, par exemple, j'ai un enfant en tête que lui, il n'a pas de contact avec son père depuis toujours, tu sais. Puis que le jour où sa mère a rencontré un homme, puis que ça donne que cet homme-là, bien, ça fit au niveau de la personnalité aussi avec le fils. Bien là, ça vient de l'enfant. C'est comme, il a envie de l'appeler papa, tu sais. Puis il a envie de vivre avec lui, puis ça vient combler quelque chose pour lui. Bien, il n'y a pas de problème, tu sais. Ça peut être ça. C'est juste que des fois, on dirait que les gens se disent« Bon, nous, ça va être ça.» Mais ça ne part pas d'un besoin. Non. Mettons, l'enfant, il y en a un père qui est présent dans sa vie et ce n'est pas un besoin pour lui d'en avoir un autre ou d'avoir quelqu'un qui va aussi jouer ce rôle-là. Là, ça crée des frictions. Je pense que ça demande d'être capable de regarder qu'est-ce qu'on est, chacun, C'est quoi nos besoins? C'est quoi nos envies? Ça fit-tu? Si ça ne fit pas, qu'est-ce qu'on fait avec ça? Comme, tu sais, c'est... Tout à fait, puis... Mais tu sais, ça va tellement vite. On ne prend pas le temps là non plus. Parce qu'on ne le sait pas. On ne les a pas les réponses. Puis je ne sais pas jusqu'à quel point on ne veut pas vraiment tout à fait les entendre tout de suite. On pense que ça va être plus facile. Si on veut tellement telle chose, ça va arriver. Mais non. Là, c'est long. Mais c'est ça. Les familles reconstituées, c'est... Moi, je pense qu'il y a tout un monde. Parce que de toute façon, on est là. Mais il n'y avait vraiment qu'un modèle. Puis... Je disais tantôt que c'est un coup de dé, mais c'est parce que tu ne sais jamais. C'est l'assemblage. Si tu as deux six, ça va être quelque chose. Mais si tu as un six et un deux, c'est autre chose. C'est tellement enrichissant, par exemple. Mais c'est dur. C'est confrontant, je pense, être parent Au départ. Absolument, tout à fait. Ça te met face à ce que t'es. Autant tes compétences, tes défis, tes limites, des affaires qu'on pensait que finalement, c'est pas ça. Ah oui, c'est fou. Les deuils. Ah, la culpabilité. Je passe pas assez de temps, j'ai pas à fêtisser. Ah, là, je me suis énervée. Ah, ils sont là, ils sont sur leur écran, je suis en bas, je suis tout seul, je suis sur mon téléphone. On est tous, chacun de notre part. Mais des fois, c'est correct aussi. La culpabilité, là, Moi, c'est la chose la plus... Je suis sûre que je ne suis pas la seule. La culpabilité, le désir de vouloir être la mère de l'année. Finalement, non. De te coucher le soir et de dire... Pour vrai, ça va pas du tout. Je suis en train de scraper la vie de mes enfants. Puis le lendemain, finalement, c'est tout le contraire. C'est vraiment bipolaire, je trouve, être parent. Oui, vraiment. Puis là, c'est ça, quand tu rajoutes d'autres personnes là-dedans, c'est décuplé. Parce que là, t'as plus juste tes enfants qui te reflètent tes affaires. Non, c'est ça. T'as comme le partenaire, l'ex, les nouveaux enfants. Fait que tu l'as tout le temps d'en face. Oui. Mais on dirait que quand les enfants vieillissent, on dirait que c'est plus facile. Là, moi, je veux dire, Raphaël et moi, papa, maman, on va prendre la décision. On va souvent manger ensemble. Quand mes enfants ont un truc de sport, on va monter ensemble. Mais c'est sûr que la blonde de Raphaël est super importante. Mon chum est super important. Ma mère, on est comme vraiment une gang, dans le fond, ensemble. Je trouve ça je trouve ça beau. Les choses sont définies. Mais ça, c'est tough parce que des fois, tu vas avoir la blonde ou le chum qu'eux autres veulent s'impliquer, mais ils ne savent pas trop comment. Puis là, des fois, ça dépasse un petit peu la limite de ce qui... C'est une danse, en fait. Tout le monde danse là-dedans, puis il y a des faux pas. Puis c'est pas grave. Même, ça prend un peu les faux pas pour savoir qu'il y a de quoi réajuster. Des fois, ça nous prend tellement du temps à réajuster. On ne parviendra jamais à ce que ça soit à l'est. Jamais. Ça ne sera jamais parfait. Mais en même temps, tout le monde fait ses apprentissages là-dedans. Moi, j'en parle souvent, mais une chose qui me supporte, c'est l'humilité. Dans tout ça. Juste d'être capable de reconnaître que ça, c'est mes forces. Ça, ce n'est pas tant ma zone de confort. Ça, je l'ai échappé. J'ai fait de mon mieux. Tout le monde a une part de responsabilité là-dedans. Après ça, il y en a qui prennent des trucs. Il y en a qui ne les prennent pas. On avance comme ça. Mais tu sais... J'ai un exemple qui me vient en tête. La fille de mon chum, elle voulait faire un party chez nous. Inviter tous ses amis et ses non-amis. Genre, presque open house. Que nous, on ne soit pas là. Chez toi. Chez moi. Puis moi, ça va à l'encontre. Mes parents ne m'auraient jamais laissé. Mes parents, à la limite, ils nous avaient fait un party, mais nous autres, on va être en
SPEAKER_01haut.
SPEAKER_00Ou bien, nous autres, on va revenir vers telle heure. On ne va pas vous déranger. On va être super discrets. Ou je reste dans ma chambre, je bois la porte, je vous laisse toute la main mais je veux être là, je veux qu'il y ait un adulte.» Fait que là, t'as toutes ces valeurs-là. Puis là, t'as mon chum là-dedans, lui, il vient d'une autre famille. Fait que lui, c'est comme« Ah, c'est intéressant, t'sais, à 17 ans qu'il fasse ça.» Puis moi, en plus, j'ai le chapeau d'être prof au secondaire où j'entends toutes les dérapes. Fait que là, c'était comme« Non, non, je veux pas, je veux pas. Non, non, non. Pas de party. Je veux rien savoir.» En plus, je le sais qu'il y en a eu un, ça a dégénéré. Il y a des gens qui débarquent dans les parties. Fait que là, d'un coup, je suis la belle-mère qui dit« Non.
UNKNOWNHum.
SPEAKER_00Elle était fâchée parce que son père aurait dit oui. Mais là, moi, j'ai dit non parce que c'est chez moi. Mais là, tu vois, tranquillement, je vois plus les amis que ses enfants vont côtoyer. Moi, je n'invite pas 60 000 personnes. Je vais te laisser la maison si tu es avec 5-6 amis. Il n'y a pas de problème, mais 60, non. Tu as tous ces petits conflits de valeurs. Il va falloir que j'en reparle à un moment donné juste justement avec elle, la fille de mon chum, parce qu'elle était vraiment fâchée contre moi que j'ai refusé. Je ne pensais pas qu'elle était fâchée, mais je l'ai recroisée. C'est venu sur le sujet il n'y a pas si longtemps. J'ai ressenti qu'elle avait encore une forme d'amertume envers moi par rapport à ça. Je ne sais pas si j'ai bien fait de tenir mon bout, mais je pense que oui. Je pense qu'elle ne comprend pas toutes les raisons pour lesquelles j'ai refusé. Un jour, j'aurai cette discussion-là, comme plein d'autres. C'est sûr qu'elle, quand je suis arrivée, c'était la fille à papa. Vraiment, beaucoup. Les autres, c'est deux garçons. Il y avait vraiment cette dynamique-là qui s'était créée entre eux. Au début, cool, il y a une nouvelle fille qui débarque, mais peu de temps après, ça n'a pas facile d'apprendre à se connaître, de se faire confiance, de prendre le temps de vouloir rencontrer l'autre. Mais souvent, c'est la peur qui... C'est ça. C'est des petites constructions de relations humaines, mais... avec beaucoup de filtres et beaucoup de choses à défaire. C'est très d'actualité. Je pense qu'il y a plus de couples qui se séparent que de couples qui restent ensemble de nos jours. On fait face à ça. S'il y avait quelque chose que tu avais envie de partager aux parents, ce serait quoi? Quelque chose que tu aurais envie de leur dire? On a beaucoup parlé de la famille reconstituée, mais au-delà de ça... C'est ma relation avec mes enfants, comme avec mes élèves. Bien... Oui, mais tu l'as dit, c'est l'humilité, dans le sens que moi, je me place... Mes enfants, ils savent qu'ils m'apprennent des choses, puis que je me laisse faire apprendre des choses. Ils savent que je vais jamais ridiculiser ce qu'ils disent, tu sais. que mes élèves me disent ça aussi. Je discute souvent avec mes élèves, puis il y en a des fois, ils disent des trucs, mais je vais valoriser une partie de leurs réponses, puis je vais essayer de les amener à réfléchir à comment, à la suite de leur démarche. Les enfants, c'est la même chose. On dirait que je veux... je veux ouvrir mes bras, puis qu'ils sachent que je suis désarmée devant mes enfants, puis ils le savent, mais que cette façon-là de faire les amène à me respecter énormément. Fait que si je dis« Hey, j'aimerais ça que tu vides le lave-vaisselle», ils veulent m'aider. Oui. ils savent que je ne vais pas les culpabiliser s'ils ne le font pas. Je ne vais pas être fâchée contre eux et ça va briser ma relation avec eux autres. Des fois, je me fâche contre eux. Je ne suis pas capable de juste être... Je suis prête à être tout le temps dans l'écoute et l'enfant. Je jongle entre les deux. Des fois, je vais être un peu autoritaire par rapport à quelque chose, mais je dirais que globalement, si je leur demande quelque chose Merci. parce qu'ils sentent que ça m'aiderait, parce que sinon, j'y arrive pas, puis ça me fait de la peine. Quand ça devient un peu émotif, ils ressentent mon émotion, même si c'est pas un drame, je vais être capable de vider la vie celle d'un jour après, c'est juste qu'ils sentent qu'ils me rendent service, ça fait que là, ils se sentent importants pour moi. À d'autres moments, je leur demande la même affaire, il faut que je leur dise quatre fois, puis je pète une coche. Puis là, je suis comme, là, ça fait quatre fois, là, je capote. Puis là, des fois, je leur dis, j'aurais aimé ça que tu fasses ça, parce que là, moi, ça me surcharge aussi, je veux que tu qu'on prenne ma réalité aussi, l'empathie. Ça, je trouve que c'est le plus grand cœur de l'éducation, c'est l'empathie. Sinon, là, ils sont comme dans leur truc. Puis moi aussi, là. Moi aussi, il faut que je me gère dans l'empathie aussi. Tout le monde, tu sais. Puis on est à une époque où l'empathie n'est pas super populaire, tu sais. Parce que tout le monde veut s'en sortir de son bord. Mais en tout cas, moi, l'empathie, c'est comme... J'ouvre grand ma porte chez moi. Ouvre la porte de ta chambre, tu sais. Puis on s'aide, là. Faut qu'on soit une équipe là-dedans, là.
UNKNOWNOui.
SPEAKER_00Surtout en vieillissant, quand les enfants deviennent ados, c'est plus comme quand ils sont tout petits. À un moment donné, il faut qu'ils sentent qu'ils font partie de quelque chose et qu'ils ont une influence eux aussi dans ce partage. Il faut qu'ils s'impliquent dans l'histoire. Parce que souvent, on décide, on fait ça, puis eux autres, ils ramassent ce qu'on leur donne. Mais moi, j'ai vraiment besoin qu'on soit dans le vivre ensemble le plus possible. Pour ma santé mentale à moi aussi. Parce que souvent, quand ils sont jeunes, on dirait qu'on met notre santé mentale complètement de côté, puis on est vraiment au service. Parce qu'on a des enfants qui sont dépendants. Ils se réveillent la nuit. C'est ça. Fait que tu oublies de dormir, tu oublies de manger, tu oublies de t'habiller. Tu te mets vraiment de côté. Je l'ai fait. Je l'ai fait longtemps. Je ne sais pas si j'aurais être capable de faire autrement. Vraiment pas. Mais j'ai adoré ce moment-là. Je n'étais pas complètement submergée. C'était ça que j'avais envie de faire, de les mettre à l'avant-plan. Tout leur offrir. Là, on dirait qu'il faut que je les apprenne à me donner de la place aussi. On dirait que par sentiment de reconnaissance, ils le font. Maintenant, ils me demandent comment ça a été ta journée tout le moment. Juste ça. Ça a bien été. Mais avant, il s'en foutait bien de ma journée. Je trouve ça touchant, ce genre de relation-là. Ce n'est pas mes amis, ça reste mes enfants, mais mes enfants prennent soin de moi comme je prends soin d'eux. C'est ça qui me rend le plus heureuse. Il y a comme l'authenticité au centre de tout ça, avec l'humilité, l'empathie. C'est très humain. La relation... de part et d'autre. C'est parce qu'ils l'ont vu beaucoup. Je les ai beaucoup traînés. Mettons, le papa est en restauration. Il y a un restaurant. Souvent, les enfants étaient au resto. Parce que papa devait préparer la salle et tout ça. Souvent, ils étaient dans les cuisines du resto de leur père. Moi, quand je fais des spectacles, souvent, ils venaient dans les loges. Ils ont eu à attendre aussi. Ils ont vu aussi que le travail de papa, c'est de s'arranger que tout le monde soit heureux. Puis le travail de maman aussi. C'est de créer des moments où les gens sont bien. Le travail de maman, c'est d'être devant une classe et d'assurer que ses élèves soient bien. Je pense que ça, c'est cool. Si mes enfants parviennent à être empathiques et d'avoir la porte de leur maison grande ouverte, je vais être super heureuse de ça. Je vais les avoir scrappés sur d'autres choses parce qu'on dit qu'on devrait... On paie des REE, mais on devrait leur payer un psy tout de suite, un psychiatre, parce que la relation par enfant... C'est toute une histoire à dénouer. Même si j'étais bien proche de ma mère, c'est sûr qu'il y a un fil sur lequel il faudrait que je revienne sur certaines choses. C'est correct et ce n'est pas grave. C'est normal. C'est la vie. Merci tellement d'avoir pris le temps. Ça me fait plaisir. Vraiment, c'est rare que je mette ce chapeau-là. Oui, c'est bien intéressant. sans privilégier.
UNKNOWNT'es fine, arrête. Moi aussi. Vraiment. Merci. Merci tout le monde.
Podcasts we love
Check out these other fine podcasts recommended by us, not an algorithm.
Ça va maman
La psychologue Dre Lory Zephyr et la journaliste Jessika Brazeau
Au pays des Mères' Veilleuses – Le podcast qui éclaire les parents sur le sommeil et la parentalité
Alice - Enfances Positives - experte en sommeil